1 er colloque international de la didactique des langues : arabe, française et anglaise
« Les nouveaux dispositifs pour l’apprentissage/enseignement des langues :
Du paradigme de l’instruction au paradigme de l’autonomie »
9–10 mai 2005 Hadath-Baabda
Organisé par
L’Université Antonine
Centre de Langues et de Ressources
En partenariat avec
L’Ambassade de France au Liban
L’Ambassade des Ėtats Unis au Liban
L’Agence Universitaire de la Francophonie
Descriptif du colloque
Ce colloque est consacré à la question de l’autonomie dans le contexte de l’introduction de nouveaux dispositifs tels des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Enseignement TICE).
Il démontre l’impact direct des applications didactiques sur le savoir-faire des enseignants et des apprenants.
L’apprentissage autodirigé, l’autonomie, le centre de ressources, les TIC et plus globalement l’ingénierie de l’enseignement sont actuellement un champ d’activité en plein essor. Le souhait et la nécessité de les introduire au Liban s’imposent ; cependant les démarches demeurent timides.
Cela dit, le colloque soulève la question de l’autonomie dans le contexte de l’introduction de nouveaux dispositifs dans l’enseignement universitaire libanais et démontre l’impact direct des applications didactiques sur le savoir des enseignants et des apprenants.
En effet, le rôle traditionnel de l’enseignant a changé pour s’adapter aux exigences des milieux d’enseignement orientés vers la technologie.
De même, le rôle des apprenants a changé. Ils ont plus de liberté et d’auto-direction dans des milieux interactifs. Ainsi, ils perçoivent un nouveau goût dans l’acquisition des connaissances à travers des activités moins axées sur l’enseignant lui-même dans un contenu numérique.
Nous sommes convaincus que pour apprendre autrement, il va falloir enseigner autrement ainsi un contrat bilatéral s’établit dans ce processus de changement. A partir de là, et sachant ce qui se fait dans le domaine de l’apprentissage et de l’enseignement des langues étrangères, le colloque tentera de déterminer ce qu'il est possible de faire au Liban, tout en prenant en considération les spécificités du pays et ses traditions pédagogiques. Dans ce sillage, trois questions sont soulevées et auxquelles nous tenterons de répondre :
Qu’est-ce que les enseignants et les apprenants ont gagné des technologies innovatrices ?
Quelles sont les retombées de ces changements sur le comportement et le rôle des enseignants ?
Comment les apprenants assument-ils leurs nouveaux rôles dans des milieux orientés vers le changement ?
Modalités d’organisation
Le travail du colloque sera organisé de la façon suivante :
- Des séances plénières qui prendront la forme de conférences et de diverses tables rondes sur le thème du colloque (45 mn. par séance).
- Des communications en ateliers thématiques (45 mn. par atelier).
- Des symposiums réunissant plusieurs universités nationales et/ou internationales.
- Des communications affichées et des posters sur proposition individuelle ou collective.

Programme définitif du colloque sur la didactique des langues
Definitive program of the seminar on the didactics of languages
09 Mai
9h30-10h00 Accueil et Inscription
10h00-10h50 Séance inaugurale :
11h00-12h00 Conférence Plénière :
- Pr. Marie-José Barbot, Professeure des Universités, Université Charles De Gaulle de Lille III, France (30’)
Thème: Les multimédias des outils au service de l’autonomisation?
- Pr. Cynthia Eid, Responsable Pôle du Centre de Langues et de Ressources - CLER, Université Antonine, Liban (30’)
Thème: Présentation du projet de CLER
12h00-14h00 Déjeuner + Repos
14h15-15h15 Conférence Plénière :
- Pr. Haitham El- Bitar, Professeur des Universités, Université de Damas, Responsable du Campus Numérique Francophone, Syrie (30’)
Théme : Évolution de l’apprentissage à l’auto-apprentissage des langues étrangères en Syrie
- Pr. Zahia Daghash, Responsable du français à la Faculté de Commerce, Université D’Alexandrie, Egypte (30’) Thème : Intégration des TIC aux programmes du français commercial (FOS)
15h30-16h30 Conférence Plénière :
- Pr. Myra Shulman, Professeure Titulaire et Auteur, Université Georgetown, États-Unis d’Amérique (30’)
Thème: Creating Effective Text for PowerPoint Presentations
- Pr. Amor Jebali, Professeur des Universités, Université de la Manouba, Tunisie (30’)
Thème : TIC et Autonomie : Perspectives de l’Impact sur les Enseignants et les apprenants
16h45-17h15 Table ronde (30’) au choix
Français (30’)
Pr. Ronald Dagher,
Conseiller Pédagogique à la Mission Culturelle Française au Liban
Thème : Les stratégies d'apprentissage : analyser son style, s'auto-évaluer, s'auto-corriger |
Anglais ( 30’)
Pr. Christine Sabieh,
Directrice du département de langue anglaise, Notre Dame University, Liban
Thème : A Look at Reality: Placing ICT In Our Environment
|
10 Mai
10h00-11h00 Conférence Plénière
- Pr. Rita Niemann, Professeure titulaire à l’Université Nationale de Singapour, Singapour (30’)
Thème: Teaching and Learning in an electronic self- access centre in the internet
- Pr. François Mangenot, Professeur des Universités, Université Stendhal - Grenoble 3, France (30’)
Thème : La Formation des Enseignants au Multimédia. Expérience fondée sur un projet Franco-Australien
11h15-11h45 Table ronde
Arabe (30’)
Pr. Pierre Gédéon,
Doyen de la Faculté d’Ingénieurs,
Université Antonine
Thème : L’utilisation de l’informatique et des télécommunications dans l’éducation. Étude de cas : réduction du fossé numérique libanais |
Anglais ( 30’)
Pr. Nabelah Haraty,
Professeur des Universités
Lebanese American University, Liban
Thème : Speeches and visuals |
12h00-12h30 Table ronde
Français (30’)
Pr. Ghassan Mourad,
Professeur Titulaire,
Université Libanaise, Liban
Thème : Traitement automatique de la Langue Arabe |
Anglais (30’)
Pr. Olga Mattar M. Ghazi
Doyen de la Faculté des Arts,
Université Arabe de Beyrouth-Liban
Thème : An experiment in using the computer to improve writing
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|
12h30-14h00 Déjeuner + Repos
14h15-15h30 Conférence Plénière :
- Mlle Nayla Alwan, Responsable des programmes, AUF, Liban, (35’)
Thème : Un regard de l’AUF sur la Didactique au Liban
- Pr. Wafaa Berri, Professeur des Universités, Université Libanaise, Liban (40’)
Thème : L’enseignement du « français langue étrangère » en ligne. Étude de cas : le Liban.
16h00-16h30 Table ronde
Français (30’)
Pr. Mireille Abou Hamad
Professeure de Didactique de langue française, Université du Saint-Esprit Kaslik, Liban
Thème : Expériences partagées dans le domaine de la Didactique
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Anglais( 30’ )
Pr. Elie Ghazal,
Directeur des cours au Département de langue anglaise,
Université de Kaslik- Liban
Thème : Silent Teacher, talking class |
16h35- 17h05 Séance de Clôture – Conclusion et Recommandations
- Mme Anne Ricordel, Attachée de Coopération pour le Français, Enseignement Supérieur, Ambassade de France au Liban
- Pr. Sonia Bsaybes, Professeur des Universités, Université Antonine, Liban
- Pr. Najwa Jreydini, Professeur des Universités, Université Antonine, Liban

L’ouverture des travaux du premier colloque international sur la didactique des langues,
les nouveaux dispositifs pour l’apprentissage/enseignement des langues :
du paradigme de l’instruction au paradigme de l’autonomie
Un colloque sur la didactique des langues organisé par le centre de langues et de ressources à l’Université Antonine en collaboration avec l’Ambassade de France, l’Ambassade des États-Unis et l’Agence Universitaire Francophone, s’est tenu le 9 et 10 mai 2005 sur le campus Hadath-Baabda.
Étaient présents à l’ouverture : le Docteur Elie Assaf, représentant le Président de la République le Général Emile Lahoud ; le directeur général des Affaires Ministérielles : André Sader, représentant le Premier Ministre Négib Mikati ; le Révérendissime Père Simon Atallah ; la responsable des affaires culturelles et des médias à l’Ambassade des États-Unis : Mme Juliette Wurr, le Secrétaire Général de l’Université : le Révérend Père Fady Fadel ; ainsi que des experts en éducation et langues des écoles catholiques, du secteur universitaire public et privé notamment l’Université Saint-Esprit de Kaslik, l’Université de Louaizé, l’université Libano Arabe, l’Université Libano Américaine, l’Université Arabe et l’Université Libanaise.
Professeur Cynthia Eid
Après l’hymne National, la présentation du colloque est faite par le Pr. Cynthia Eid, responsable pôle du centre de langues et de ressources. Elle souligne l’importance de ce colloque qui discute le problème de l’autonomie des institutions face au nouveau contexte technologique de la communication et de l’information dans l’éducation, et montre l’impact direct des applications didactiques sur le savoir faire des enseignants et des apprenants. Pr. Eid insiste sur les nouvelles missions des enseignants et le rôle des apprenants qui jouissent d’une plus grande liberté dans un cercle interactif.
Révérend Père Louis Rohban
Le Père Rohban dans sa réflexion déplore le manque de tolérance et de pardon dans les relations entre les hommes. Il considère que la mondialisation et le modernisme ont certes rapproché les peuples mais le vrai dialogue demeure souvent absent et les effets négatifs de cette mondialisation mérite une réflexion profonde visant à contrecarrer les fractures sociales et numériques qu’elle a induites.
M. Michel Bennasar
En tant que Directeur de l’Agence Universitaire Francophone, M. Bennasar relate les projets de l’Agence visant à disséminer l’usage des technologies de l’information et de la communication. Des programmes spécifiques sont conçus avec les différentes institutions, pour la formation aux TIC des ressources humaines, ainsi que l’équipement et les fonds documentaires appropriés.
Mme Anne Ricordel
L’Attachée de Coopération pour le Français, Enseignement Supérieur, à l’Ambassade de France au Liban : Mme Anne Ricordel, prononce le mot de M. Frédéric Clavier. « L’objet de ce colloque est un débat d’actualité au sein de toutes les formations en sciences humaines. Les dispositifs pour l’apprentissage d’après Mme Ricordel ont évolué depuis 1980 et prennent en considération des situations de communication en rapport étroit avec les spécificités socio culturelles d’une société donnée. Cette société représente l’horizon didactique véritable de l’apprentissage des langues. Les recherches Européennes ont ajouté par la suite des éléments d’analyse psychologiques et linguistiques dans les mécanismes d’apprentissage.
Mme Ricordel termine son allocution en affirmant que les défis liés à l’apprentissage des langues sont une discipline de recherche scientifique de laquelle découle des théories et des concepts faisant l’objet de véritables discussions entre les experts.
M. Christopher Murray
Le mot de l’Ambassade des États-Unis est prononcé en fin de séance inaugurale par le vice Ambassadeur Américain Murray. Il considère que l’anglais est la langue la plus démocratique puisqu’elle constitue chez une vaste majorité de gens la première, deuxième et troisième langue. Il fait référence à un article publié dans le journal américain Newsweek, dans son numéro du 7 mars 2005 où l’auteur décrit la langue anglaise comme un dénominateur commun entre les peuples. Ainsi l’importance de cette langue proviendrait du fait qu’elle permet la communication entre un homme d’affaires de Shanghai et un autre homme d’affaires d’Allemagne négociant les termes d’un contrat à Bruxelles. De même, un biochimiste du Brésil s’exprimerait volontiers en Anglais à une conférence en Suède
Murray ajoute que d’après les statistiques sur les usagers de la langue anglaise en Asie, leur chiffre avoisinerait les 350 millions d’individus, soit la totalité des habitants des Etats-Unis de Grande Bretagne et du Canada. En Chine par exemple, toujours d’après le Newsweek, 100 millions d’étudiants prennent des cours de langue anglaise.
En guise de conclusion, Murray affirme que l’anglais s’est imposé comme un outil de communication dans le commerce et la technologie, il souhaite que la didactique des langues contribue à la dissémination de la démocratie. L’apprentissage par ailleurs n’est plus centré sur la personne de l’enseignant mais implique une nouvelle dynamique basée sur l’auto apprentissage et l’interactivité dans un contexte numérique.
Enfin, il fait l’éloge du respect et de l’esprit de pardon et de tolérance qui doit prévaloir entre l’enseignant et l’apprenant, autant de valeurs qui aident à la connaissance de soi et à la liberté d’expression des apprenants, comme le démontre la pratique américaine en la matière.
Les tables rondes
Après une brève pause, le Pr. Cynthia Eid ouvre les débats de la première table ronde.
D’abord, elle souligne l’importance du centre de ressources et de langues à l’Université et sa coordination avec les écoles, détaillant ensuite les résultats d’une coopération réfléchie avec l’Agence Universitaire Francophone et la Mission Culturelle Française.
Ensuite, elle discute des dispositifs pour l’apprentissage des langues en fonction des différentes spécialités dans le monde des affaires.
Le Pr. Marie-José Barbot de l’Université Charles de Gaulle, Lille III, s’étend elle dans sa conférence sur les difficultés et les possibilités des multimédias comme outils au service de l’autonomisation.
Au cours de la deuxième séance, le Pr. Haitham Bitar, de l’Université de Damas parle de son expérience en didactique au Campus Numérique Francophone de Syrie.
Le Pr. Zahia Daghash, responsable du français à la Faculté de Commerce en Alexandrie, analyse le thème de l’intégration des TIC aux programmes du Français Commercial.
A la troisième séance, le Pr. Myra Shulman, de l’Université Georgetown aux États-Unis dévoile les secrets de création et de présentation d’un texte effectif de PowerPoint.
Les perspectives de l’impact de l’autonomie sur les enseignants et les apprenants dans le contexte des TIC, sont en fin de séance le thème présenté par le Pr. Amor Jebali de l’Université de la Manouba en Tunisie.
Après le déjeuner, les discussions continuèrent bon train. Les participants animèrent plusieurs tables rondes thématiques.
La journée du 10 mai a été tout aussi fructueuse et couronnée par une série de recommandations.

Mot de présentation du Pr. Cynthia EID
Responsable Pôle du Centre de Langues et de Ressources
Mesdames et Messieurs,
Chers Hôtes, honorables invités,
“ Tout le monde doit être bilingue dans une langue et en parler une autre”, voici une citation de Valéry-Giscard d’Estaing qui incitait dès les années 90 les pays européens à s’ouvrir davantage, par la langue, les uns envers les autres, et envers le monde entier.
À l’heure actuelle, cette ouverture communicante entre les civilisations, les cultures et les langues ne peut plus se passer de ce que les Technologies de l’Information et de la Communication offrent dans le domaine de la didactique.
L’Université Antonine, forte dans la synergie entre ses unités universitaires, a voulu expérimenter la mise à disposition des TIC, de la Faculté d’Ingénieurs en Informatique et Multimédia, pour un meilleur apprentissage des langues.
D’où l’idée de consacrer des journées scientifiques pour penser ensemble aux “nouveaux dispositifs pour l’apprentissage/enseignement des langues”, en passant du paradigme de l’instruction vers le paradigme de l’autonomie.
En effet, ce colloque traitera la question de l’autonomie dans le contexte de l’introduction de nouveaux dispositifs tels des Technologies de l’Information et de la Communication dans l’Enseignement TICE.
Il démontre l’impact direct des applications didactiques sur le savoir-faire des enseignants et des apprenants.
L’apprentissage autodirigé, l’autonomie, le centre de ressources, les TIC et plus globalement l’ingénierie de l’enseignement sont actuellement un champ d’activité en plein essor. Le souhait et la nécessité de les introduire au Liban s’imposent ; cependant les démarches demeurent timides.
Cela dit, le colloque soulève la question de l’autonomie dans le contexte de l’introduction de nouveaux dispositifs dans l’enseignement universitaire libanais et démontre l’impact direct des applications didactiques sur le savoir des enseignants et des apprenants.
En effet, le rôle traditionnel de l’enseignant a changé pour s’adapter aux exigences des milieux d’enseignement orientés vers la technologie.
De même, le rôle des apprenants a changé. Ils ont plus de liberté et d’auto direction dans des milieux interactifs. Ainsi, ils perçoivent un nouveau goût dans l’acquisition des connaissances à travers des activités moins axées sur l’enseignant lui-même dans un contenu numérique.
Nous sommes convaincus que pour apprendre autrement il va falloir enseigner autrement ; ainsi un contrat bilatéral s’établit dans ce processus de changement. À partir de là, et sachant ce qui se fait dans le domaine de l’apprentissage et de l’enseignement des langues étrangères, le colloque tentera de déterminer ce qu'il est possible de faire au Liban, tout en prenant en considération les spécificités du pays et ses traditions pédagogiques. Dans ce sillage, trois questions sont soulevées et auxquelles nous tenterons de répondre :
Qu’est-ce que les enseignants et les apprenants ont gagné des technologies innovatrices ?
Quelles sont les retombées de ces changements sur le comportement et le rôle des enseignants ?
Comment les apprenants assument-ils leurs nouveaux rôles dans des milieux orientés vers le changement ?
Qu’il me soit permis de remercier à la fin de cette présentation toutes les instances internationales qui ont collaboré et soutenu notre action au Centre de Langues et de Ressources à l’Université Antonine, notamment, l’Agence universitaire de la Francophonie, la Mission Culturelle Française de l’Ambassade de France au Liban, et l’Ambassade des Etats-Unis au Liban.
Sans oublier la présence de nos chers hôtes venus des quatre coins du monde et du Liban pour partager avec nous leur savoir et savoir-faire dans le domaine de la didactique moderne des langues.
Nous espérons pouvoir tirer le maximum de bénéfices des conférences et des tables rondes durant ces deux jours. Nos jeunes au Liban, attendent désormais de la haute qualité des instances éducatives et publiques dans le pays. Que notre contribution soit durable pour leur bien et leur maturité.
Top
Allocution du P. Louis ROHBAN
Recteur de l’Université Antonine
Mesdames Messieurs,
Je suis heureux de pouvoir vous accueillir aujourd’hui en notre jeune Université. Je salue et remercie les organismes qui ont bien voulu s’associer à nous dans la réalisation et l’organisation de ce Premier colloque international sur la didactique des langues ; je salue en particulier l’Ambassade des É tats-Unis d’Amérique, en la personne du Vice-Ambassadeur, M. Christopher MURRAY, l’Ambassade de France au Liban, dignement représentée par M. Frédéric CLAVIER et l’Agence Universitaire de la Francophonie en la personne du Directeur M. Michel BENNASAR.
Permettez-moi de saluer également les collègues qui, pour animer et enrichir le débat, nous arrivent de bien loin, d’outre-mer ou même d’outre Océan ; les représentants de Georgettown University in the United-States of America, de l’Université Nationale de Singapour, de l’Université de Charles de Gaule, Lille III, de l’Université Stendhal à Grenoblede l’Université de La Manouba en Tunisie, de l’Université d’Alexandrie en Egypte, de l’Université de Damas en Syrie, de l’Université Libanaise, de l’Université Arabe de Beyrouth, de l’Université du Saint-Esprit, de la Lebanese American University et de Notre-Dame University.
En pleine connaissance de cause, je m’abstiens de nommer ex professo notre infatigable et inestimable Cynthia
Je vous salue tous et vous remercie.
Au cours des séances qui vont suivre, les illustres intervenants vont avoir largement le loisir de cerner, avec toute la compétence requise, les divers aspects techniques de la problématique du Colloque. Qu’il soit permis cependant au Rectorat de notre Université, en guise de préambule à vos travaux, de vous soumettre deux brèves réflexions concernant, et le terrain du débat et le thème du débat. Je commence par ce dernier :
1 – Thème
Je souligne d’abord l’urgence et la pertinence du thème : « la didactique des langues ».
Notre ère est caractérisée par la mondialisation. On parle, et beaucoup, de mondialisation. Mais en même temps on assiste à un regain du racisme, de la xénophobie, du refus de l’autre, de l’intolérance etc. Nous assistons perplexes, à l’impuissance de la Communauté Internationale à mener une lutte efficace contre ces maux. De tels maux constituent, pour la société moderne, un défi. Dans le monde, il existe toujours un mur de Berlin, et qui est absolument à abattre.
C’est l’intégrisme. Tout genre d’intégrisme. Le fanatisme est le plus pernicieux des moteurs à propulsion . La mondialisation est faite de pluralisme et de multiculturalisme.
La science et la civilisation ne visent au fond qu’à rendre l’homme heureux. L’homme moderne est un homme savant, évolué, aisé ; il est polyglotte. Et pourtant il n’est pas heureux. Il n’est pas heureux car, chez lui la communication échoue.
Le vivre ensemble ne suffit pas ; il faut partager, sentir, penser et surtout, il faut créer ensemble.
Nos moyens de communication deviennent titaniques. Mais tout cela nous rapproche-t-il les uns des autres ? Eprouvons-nous la joie de la rencontre ?
Aujourd’hui, les hommes entre eux communiquent, il est vrai ; ils parlent et, avec beaucoup d’éloquence ; ils parlent, les uns la langue des autres. On communique donc oui, mais l’on ne communie guère.
Il est excellent que je sois capable de manier ta langue. Mais cela ne suffit pas : il faut encore que ton axiologie, à savoir ton monde de valeurs, me soit accessible.
D’instrument de communication, la langue ne risque-t-elle pas en effet de devenir à son tour une idole ? un écran surtout ?
L’écran, toute sorte d’écran, depuis le géant du cinéma jusqu’au mini-écran du bracelet, sert à dissimuler, à masquer, à cacher, autant qu’à exposer, « écran » n’est-il pas en effet synonyme de « paravent » ? L’écran est un masque dont se sert une réalité qui se connaît fort hideuse.
Si la parole existe, c’est parce qu’existe l’Autre ; en tant qu’autre.
La culture la ï que de l’Occident est en général de tendance cartésienne. On connaît le fameux dogme du cartésianisme : « cogito ergo sum » ; Je pense donc je suis.
Ce cogito de Descartes, nécessite un corollaire ; le « je pense donc j’existe » serait absolument à compléter par une équation parallèle : « je parle donc tu existes ». Le logos autant que la cogitatio est le paramètre du cosmos. La cogitation sans le logos, c’est-à-dire sans la communication, serait un coupe-circuit.
« Je pense donc j’existe » ; je parle donc tu existes ; ou, encore mieux, dans une perspective chrétienne, « j’aime car tu existes » ; « j’aime, je suis aimé donc nous existons ».
Tout cela est l’apport de la culture orientale, la civilisation du logos qui a doté l’humanité d’une perspective religieuse et spirituelle. Si La cogitation est le fort de l’Occident, le verbe, et partant l’alphabet, le livre, est l’une des conquêtes de Biblos. Ce que le Moyen-Orient a exporté au monde, ce sont surtout des livres, et des Livres Sacrés ; des livres qui n’ont pas d’auteurs ; ils ont pour auteur Dieu, c’est-à-dire personne ; c’est-à-dire tout le monde.
A l’Occident qui connaît tout, il serait utile peut-être de rappeler que ce n’est pas le savoir absolu qui est capable de sauver le monde ; ce qui sauve le monde, c’est l’amour absolu. C’est avec force que, par notre intermédiaire, l’Evangile crie cette grande vérité. Seul l’amour est rédempteur et libérateur, et non pas les armées, ni la politique.
Permettez-moi maintenant de passer, très rapidement au second volet de mon intervention : il s’agit de la plateforme de votre Colloque, à savoir le Liban et précisément l’Université Antonine.
2- Plateforme :
On parle beaucoup aujourd’hui de dialogue des cultures. Subitement presque, on dirait que la société internationale vient de découvrir le besoin d’instaurer un échange entre les différents peuples.
Le Liban constitue à cet égard, une terre de brassage, un creuset où langues, ethnies et idéologies se conjuguent pour former une société civile polychrome.
Le Pays qui a la joie de vous accueillir aujourd’hui, Messieurs, le Liban, a toujours été une charnière entre cultures et langues. Il a donc plus d’un titre pour servir de plate-forme à ce genre de débat, à accueillir un Colloque sur l’apprentissage des langues. Naguère, nos ancêtres, les Phéniciens, furent les premiers protagonistes de l’apprentissage de la langue ; en effet, depuis plusieurs millénaires, des embarcations, construites avec le bois du Cèdre, avaient appareillé de la c ô te de Tyr et de Sidon, pour porter aux divers peuples l’Alphabet. Les Phéniciens, avec leur Alphabet et leurs barques furent les premiers à battre en brèche les frontières qui cloisonnent les ethnies. L’histoire aussi bien que l’archéologie et l’anthropologie ne laissent aucun doute : depuis la plus haute antiquité, notre contrée a toujours été bilingue et même trilingue. En témoigne magistralement l’épitaphe trilingue inscrite au sommet du Calvaire et garantie par l’Evangile.
Tel est, à mon sens (je crois) l’intérêt de ce genre de débat que, hic et nunc, nous nous proposons d’entreprendre : contribuer à rapprocher les personne les unes des autres
Je vous redis mon amitié, la joie et l’honneur pour l’Université Antonine de vous accueillir. Puisse le Seigneur Dieu nous bénir et accorder plein succès à votre Colloque.
Top
Allocution de M. Michel Bennasar
Directeur Régional de l’Agence Universitaire de la Francophonie-AUF, Liban
Mesdames et messieurs les Ambassadeurs de France et des Etats-Unis
Monsieur le Recteur de l’UPA
Monsieur le Conseiller de coopération et d’action culturelle auprès de l’Ambassade de France,
Monsieur le Secrétaire Général de l’UPA, responsable de l’organisation du colloque,
Mesdames et messieurs les intervenants et participants au colloque,
Chers invités,
L’AUF et son Bureau du Moyen Orient sont très heureux d’avoir été associés à ce 1 er colloque international de la « Didactique des langues : arabe, française et anglaise » intitulé : « Les nouveaux dispositifs pour l’apprentissage / enseignement des langues : du paradigme de l’instruction au paradigme de l’autonomie. »
D’abord parce que c’est le 1 er colloque organisé par l’UPA, mais d’autres vont suivre dans d’autres domaines comme la santé, que nous sommes amenés à soutenir, dans le cadre de notre programme d’appui aux manifestions scientifiques récemment mis en place pour satisfaire les besoins exprimés par nos établissements membres. Ce programme a pour finalité de promouvoir la science en français et la diversité linguistique et d’apporter son soutien aux réseaux universitaires scientifiques qui démultiplient la coopération universitaire francophone, contribuent à son rayonnement international et renforcent la solidarité et le partage des savoirs entre les établissements universitaires.
Ensuite parce qua l’AUF, depuis plusieurs années maintenant s’est donnée comme mission de faciliter et de promouvoir l’introduction, l’appropriation et l’intégration des Technologies de l’information et de la communication (TIC) au sein de ses établissements partenaires en mettant à leur disposition un certain nombre de programme de soutien et aussi et surtout des plateformes de ressources humaines, matérielles et documentaires, dédiées à ces nouvelles technologies, dénommées CNF. Le meilleur exemple en étant entre autres, la présence parmi les intervenants du colloque de notre responsable du CNF de Damas, le Docteur Haitam Al Bitar, spécialiste en tant qua tel des Technologies de l’information et de la communication (TIC), mais aussi par ailleurs professeur de français au Département d’Études Françaises (DEF) de l’Université de Damas et à l’origine d’un projet de Mise à Niveau en Français (MNF) dans cette université, réalisé en partenariat avec les services linguistiques de l’Ambassade de France en Syrie.
La thématique du présent colloque rencontre donc deux des priorités essentielles que s’est fixées l’AUF puisque d’une part elle porte sur trois langues : le français, l’anglais et l’arabe et d’autre part elle traite de l’utilisation des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) dans leur apprentissage. La problématique de la didactique des langues dans le contexte de l’introduction des technologies éducatives innovatrices est en effet importante car elle pose de nombreuses questions, parmi lesquelles, justement, le changement des comportements pour ne pas dire des métiers des enseignants comme des apprenants, le processus d’autonomisation que cela suppose en particulier de la part des nouveaux étudiants et qui devrait être au cœur de vos débats et plus globalement une nouvelle ingénierie de l’enseignement qui est en train d’envahir et de révolutionner le monde traditionnel de l’éducation. L’irruption des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les dispositifs de formation a en effet bouleversé ces dernières années les rapports que les étudiants, les enseignants et les gestionnaires de l’éducation entretenaient avec les constituants historiques des situations de formation, à savoir : l’unité d’espace, l’unité des acteurs et l’unité des connaissances.
Avec l’enseignement à distance cette unité est rompue et les nouvelles technologies ont profondément remis en cause ces fondements traditionnels de l’éducation avec des conséquences parfois bénéfiques tels que le rapprochement entre des disciplines jusqu’alors étanches mais aussi plus dangereuses comme l’imposition des nouvelles technologies comme une fin en soi et non seulement un moyen.
L’AUF pour sa part, convaincue de l’irréversibilité de ce mouvement et de la nécessité de l’accompagner et d’aider les universités à l’intégrer, a mis an place des moyens et des actions spécifiques. Sans entrer dans le détail, je voudrais néanmoins citer ici, à la fois dans le secteur de l’apprentissage des langues et de l’introduction des Technologies de l’information et de la communication (TIC), quelques exemples spécifiques au Moyen Orient qui me paraissent particulièrement démonstratifs de notre volonté d’aller de l’avant dans ces domaines.
Des conventions tripartites ont ainsi été mises on place entre l’AUF, les services linguistiques de La Mission Culturelle Française et un certain nombre de nos universités membres, en tête desquelles l’Université des Pères Antonins, qui a même été la première à la signer. La collaboration porte sur la mise en oeuvre d’un appui au perfectionnement en langue française et à la certification des étudiants de ces établissements. L’Ambassade de France et l’AUF ont ainsi mis en commun, leur savoir faire et leur moyen au service de leurs partenaires universitaires francophones qui assurent de leur côté la mobilisation des étudiants et des enseignants et la promotion du programme.
Une formation de formateurs à l’apprentissage au français sera d’ailleurs organisée cet été pour les enseignants de nos universités, destinée à former un vivier de spécialistes, permettant aux universités de devenir autonome dans ce domaine, dans un proche avenir.
Mademoiselle Nayla Abou Alwan, notre responsable des programmes, chargée plus spécialement de l’organisation des sessions de mise à niveau en français dans les universités aura l’occasion durant cette réunion de vous présenter nos objectifs et un bilan de nos activités dans ce secteur.
Des formations de haut niveau animées par des experts internationaux dans le domaine des technologies éducatives sont régulièrement organisées dans la région et ouvertes à tous nos partenaires universitaires. Dans les derniers mois se sont tenus des ateliers de « création de cours multimédias interactifs » à Damas, à ALep et à Beyrouth et un atelier da « création et gestion d’un enseignement ouvert et distant » en Alexandrie. Une soixantaine d’enseignants de nos établissements membres ont ainsi été formés et à même de restituer dans leurs établissements les connaissances acquises pour l’introduction de ces technologies dans leurs enseignements. Suite à ces formations des modules de cours à distance dans le domaine du français justement ont déjà vu le jour dans certaines de nos universités dans le cadre d’un autre programme de l’Agence, permettant de soutenir ce type d’initiative.
Depuis deux ans maintenant, l’AUF a mis en place une offre de Formations à Distance (FOAD) diplômées par des universités du Nord, en particulier françaises mais aussi canadiennes, qui atteint en 2005, une trentaine de diplômes dans toutes les disciplines et en particulier dans les technologies éducatives.
L’Agence insiste dans ce programme sur l’association étroite de ses partenaires universitaires locaux qui sont sollicités pour assurer le tutorat de ces formations et valider le diplôme et c’est en particulier le cas des formations eMIAGE qui associent étroitement l’UPA aux universités françaises. Parallèlement, elle offre des allocations d’études, plus de 800 en 2005, pour les meilleurs étudiants sélectionnés. Cependant, ce programme rencontre quelques difficultés au Liban où les étudiants bénéficiaires se comptaient en 2004 sur les doigts d’une seule main sans doute à cause de la législation actuelle qui ne reconnaît pas les diplômes délivrés à distance et qui n’autorise pas las universités libanaises à décerner de tels diplômes. Peut-être y aura t-il là justement matière à réflexion dans vos débats qui devraient conduire à proposer des méthodes et solutions pour l’introduction des Technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’enseignement des langues au Liban.
Mais je ne voudrais pas abuser de votre temps et je conclurai en renouvelant notre satisfaction d’avoir pu soutenir cette manifestation, en permettant en particulier la participation de certains intervenants du Sud et notamment de Syrie, de Tunisie et d’Égypte, et en souhaitant plein succès à vos travaux et surtout d’aboutir à des propositions concrètes que nous sommes prêts, vous l’avez bien compris, à accompagner dans toute la mesure de nos moyens et de nos programmes régionaux.
Mesdames, Messieurs, je vous remercie de votre aimable attention.
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Allocution de Mme Anne Ricordel
Attaché Culturel de l'enseignement supérieur à l'Ambassade de France au liban
Révérend Père Louis Rohban, Recteur de l’UPA
M. Michel Bennasar, Directeur du BRMO de l’AUF
M. Christopher Murray, Vice-Ambassadeur de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Liban
Chers amis,
Permettez-moi tout d’abord de souligner le plaisir que j’ai à me retrouver ici, parmi vous, à l’UA, à l’occasion de la séance inaugurale du 1 er colloque international sur la didactique des langues (DDL) qui se tient au Liban.
La DDL , qui occupe désormais un lieu à part entière au cœur même des Sciences Humaines est une jeune discipline universitaire et je voudrais simplement tenter d’approcher brièvement les diverses étapes qui l’ont conduite à son état actuel, singulièrement dans les relations qu’elle entretient avec d’autres disciplines.
Ainsi, les conditions et les modalités d’enseignement et d’appropriation des langues en milieu non naturel, objet d’étude de la DDL, ont une histoire qui s’apparente à celle des méthodologies dans la mesure où celles-ci mettent en œuvre des éléments variables des théories de la connaissance, en étroite interaction avec le contexte historique et technologique qui les voit naître ou qui conditionne leur naissance. Voyons-en, si vous le voulez bien, les grandes lignes .
La méthodologie traditionnelle d’enseignement des langues, centrée sur la grammaire et l’écrit en ayant recours à la traduction, et dont l’objectif ultime était l’accès à la littérature, s’assouplit à l’orée du XXème siècle au contact de la méthodologie directe qui préconise une acquisition naturelle de la langue. Outre l’approche globale du sens par une acquisition inductive et implicite de la grammaire et un apprentissage progressif du vocabulaire courant, elle met l’accent sur l’interaction orale enseignant-élève dans un dialogue permanent. Comme le rappelle Christian Puren dans son Histoire des méthodologies de l’enseignement des langues, la méthodologie directe, structurée en profondeur par les méthodes orale et active, achemine l’apprentissage des langues vers la modernité et soulève des questions qui sont toujours d’actualité en DDL.
C’est la Seconde Guerre Mondiale et la nécessité pour l’armée américaine de former rapidement un grand nombre de militaires à comprendre et à parler des langues des différents champs de bataille qui développent dans les années 40, la méthodologie audio-orale, qui, comme l’indique son appellation, donne la priorité à la langue orale.
Puis , les années 60 voient naître, pour une durée de vie d’une vingtaine d’années scindée en deux générations, la méthodologie structuro-globale audiovisuelle qui s’enracine dans la politique que mène la France à l’étranger de diffusion de sa langue. C’est la parole en situation que vise à enseigner cette méthodologie essentiellement basée sur l’oral, car si toute structure s’exerce par des moyens verbaux, elle se réalise par des moyens non-verbaux tout aussi importants à savoir le rythme, l’intonation, la gestuelle etc…
Enfin , et j’en aurais fini avec ce bref tour d’horizon, l’approche communicative, où interviennent les composantes linguistique, sociolinguistique, discursive et stratégique, domine le paysage méthodologique de l’enseignement des langues depuis les années 80. A l’heure de l’élargissement de l’Europe, de nouveaux besoins d’ordre linguistique et de formation continue des adultes en langues voient le jour.
Cette approche communicative, comme les précédentes méthodologies, est donc née d’un croisement de facteurs politiques mais aussi de nouvelles théories de référence. Celles-ci ont vu se succéder les apports combinés de la linguistique et de la psychologie. Structuralisme suivi de la linguistique appliquée du trio Guberina-Rivenc-Renard puis de la linguistique de l’énonciation, de l’analyse du discours et de la pragmatique pour la part linguistique, béhaviorisme rejeté ensuite au profit de la psychologie cognitiviste pour la psychologie.
Enfin, il convient d’ajouter à ce bref aperçu l’intégration des techniques nouvelles puis des technologies de l’information et de la communication qui ont profondément façonné et modifié le paysage de l’enseignement des langues depuis les années 40.
C’est bien là le centre du propos de ce colloque dont les interventions qui se dérouleront pendant ces deux jours se feront l’écho en liaison étroite avec ce cas particulier de situation guidée qu’est la prise en charge, au sens large, par l’apprenant de son apprentissage.
Nous serons donc plongés , pendant la durée du colloque, au cœur de ce va-et-vient permanent de la DDL s’alimentant à la fois aux recherches sur l’évolution des théories psycho-cognitives de l’apprentissage et à l’évolution des technologies.
Thierry Lancien dans son ouvrage Le Multimédia, souligne que le développement de l’interactivité est la caractéristique majeure du développement technologique moderne. Ainsi, vidéodisque, cédérom, documents en ligne autorisent les interactions entre l’apprenant et la machine ou un enseignant éloigné et permet donc de nouvelles répartitions entre les démarches proposées en présentiel et en autonomie. Voilà donc l’apprenant en exercice de liberté quasi-absolue : quand et où il le désire, il peut développer ses compétences langagières à l’aide d’outils qui le rapprochent le plus de la multicanalité de la communication réelle.
En effet , si la DDL est objet de recherche scientifique et de constructions théoriques, si elle est l’enjeu de débats d’appartenance épistémologique, elle ne mène pourtant pas seulement une vie de rat de laboratoire mais nous permet de saisir comment l’être humain peut se familiariser avec des langues étrangères afin de dialoguer et de tenter de comprendre les autres.
L’enjeu est, on l’aura compris, d’importance dans un pays plurilingue comme le Liban où la DDL, au-delà de la réflexion théorisante, a bel et bien une action sur la réalité linguistique et par conséquent sur la réalité humaine et sociale.
C’est bien là l’aventure à laquelle nous convie l’UA, formidable aventure à laquelle je souhaite tout le succès qu’elle mérite, non seulement pendant ces deux journées de travail que je présage fructueuses mais aussi à plus long terme, par l’ouverture de son Centre de Langues et de Ressources.
RP Recteur Louis Rohban, Monsieur le Directeur du BMO et Monsieur le Vice-Ambassadeur de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Liban, je tiens aussi, avant de vous souhaiter, de nous souhaiter d’excellentes journées de travail, à remercier tout particulièrement le Secrétaire Général Père Fady Fadel et le Professeur Cynthia Eid, qui ont rendu ce colloque possible et dont l’éthique de la conviction et l’éthique de la responsabilité au sens wébérien des termes honorent votre institution.
Je vous remercie.
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Allocution de M. Christopher W. Murray
U.S. Deputy Chief of Mission
Father Rohban
Monsieur Bennasar
Monsieur Clavier
Esteemed professors
Thank you for including the U.S. Embassy in this international seminar onthe didactics of languages. Promoting the teaching of English as a foreign language and helping Lebanon’s schools and universities strengthen their programs is one of our Embassy’s goals in Lebanon.
We don’t do this because we believe that the English language (or even the American-accented version of it) is superior to any other language. We promote English because we recognize that English is a key that opens the door to economic, educational and cultural opportunities.
America’s early immigrants hungrily devoured the writings of the French philosophes. France’s call for liberte, egalite et fraternite inspired our founding fathers and remains the basis of our own vibrant democracy.
But today, English is the language of democracy.
Why?
Because increasingly it is the language most people speak as their first, second or third language. A recent article in Newsweek magazine (March 7, 2005) pointed out that English has “become the common linguistic denominator. Whether you’re a Korean executive on business in Shanghai, a German Eurocrat hammering out laws in Brussels or a Brazilian biochemist at a conference in Sweden, you’re probably speaking English.”
And important for you here today—those professionals who are dedicated to helping your students learn English as their second or third language—non-native speakers of English now outnumber native speakers 3 to 1.
Newsweek quotes English-language expert David Crystal as saying, “There’s never been a language that’s been spoken by more people as a second than a first”.
And the numbers are staggering. Newsweek estimates that in Asia alone, the number of English-users has topped 350 million—roughly the combined populations of the United States, Britain and Canada. And there are more Chinese children studying English—about 100 million—than there are Britons.
So yes, this is a global revolution with hundreds of millions of people learning English—the language for commerce, technology—and increasingly empowerment.
Which brings us to your conference today—to explore new mechanisms for learning and teaching languages—from the paradigm of education to the paradigm of autonomy.
Truth be told, I had to scratch my head a hit on this one. But, I guess that’s because I’ve mastered “diplo-speak” better than “educationalese”.
But let me tell you what I think is important about new teaching methods:
They promote democracy.
They celebrate individualism—and unique learning styles.
They move from teacher-centered classrooms to student-empowered classrooms.
They promote participation, and questioning, and new ways of thinking.
They promote respect, and tolerance, and cooperation.
And they encourage students to express themselves freely, enthusiastically and with others.
And in America, that’s what we are all about.
So thank you for inviting us toparticipate. I am pleased that the U.S. Government could sponsor the participation of Georgetown University Professor Myra Shulman in this important conference. I wish you a fruitful and enlightening conference. Top
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