Lettre d’introduction de Mlle Cynthia
EID
Excellences,
Révérend Père Abbé,
Révérend Père Recteur,
Honorables invités,
Chers étudiants,
La fin du XXème siècle a vu s’opérer
dans le monde entier d’importants changements sur le plan
politique comme sur le plan économique. L’un des objectifs
sociaux et politiques de notre université est de promouvoir
la compréhension et la tolérance au sein de la diversité
des cultures, ces cultures elles-mêmes s’exprimant dans
une variété de langues. Si la diversité linguistique
et culturelle y est effectivement portée par la multiplication
des échanges, il faut cependant constater que le plurilinguisme
au Liban est encore l’exception plutôt que la règle
de la région.
De leur côté, les Technologies de l’Information
et de la Communication (TIC) ont transformé l’accès
à l’information comme l’appropriation des connaissances
: en effet, l’informatique offre de nouveaux moyens et de
nouvelles perspectives de dialogue entre les langues et les peuples.
Comment l’interaction entre les trois langues, l’arabe,
le français et l’anglais peut-elle contribuer au maintien
de la diversité linguistique dans la dynamique de la construction
du Liban et plus spécifiquement de l’Université
Antonine, et répondre à ce qui est souvent présenté
comme défi insurmontable ?
La réflexion sur l’enseignement-apprentissage des langues
et le dialogue entre ces dernières fait de plus en plus de
place au concept de communication, un choix prenant en compte à
la fois la réalité des besoins de nos apprenants antonins
et les politiques éducatives contemporaines de notre université
pionnière dans ce domaine.
Merci
Excellencies,
Reverend Father Abbot,
Reverend Father Rector,
Distinguished guests,
Dear students,
Important changes have taken place in the whole world at the end
of the twentieth century, in politics as well as in economy. Today,
one of the social and political objectives of our university is
to promote comprehension and tolerance among the diversity of cultures,
which, as we know, are expressed in a variety of languages.
Although linguistic and cultural diversity is actually promoted
by the multiplication of exchanges, we have to acknowledge that
plurilingualism in Lebanon is still an exception rather than the
rule for its border areas.
On the other hand, Information and Communication Technology (ICT)
has transformed our access to information and our modes of acquisition
of knowledge. Computers offer new means and new perspectives both
for learning and for the diffusion of information which help dialogue
between languages and people.
How can the interaction between the three languages, Arabic, English
and French contribute to the maintenance of linguistic diversity
in the process of the construction of Lebanon and specifically of
the Antonine University; and thus constitute an answer to what is
often presented as an impossible challenge?
In the research and action in the areas of teaching and learning
that have been promoted by the recent developments and applicants
of ICT, the concept of communication has gained considerable importance;
a choice that would take into account the reality of Antonine students
communicative needs and the contemporary educational of our university,
pioneer in this field.
Thank you
Allocution
du P. Fady FADEL
سعادة
الدكتور ايلي
عساف، ممثل
فخامة رئيس
الجمهورية
العماد اميل
لحود،
قدس
الأب العام،
أصحاب المعالي
والسعادة،
سعادة المحاضرين،
أيّها الحفل
الكريم،
اسمحوا
لنا أولاًُ
أن نعبّر لكم
عن شكرنا وامتناننا
لحضوركم ومشاركتنا
الندوة الإفتتاحية
للعام الجامعي
الجاري. نشكركم
باسم رئيس الجامعة،
الأب لويس الرهبان،
الذي نتمنى
له الشفاء العاجل
ليعاود نشاطه
الإداري مجدداً،
هو الذي عهدناه
دوماً سيد المنبر
والكلمة في
الجامعة الأنطونيّة.
لم
ننتقِ موضوع
"حوار اللغات"
بطريقة استنسابية
لنفتتح به النشاطات
الثقافية في
الجامعة ، بل
عمدنا أن يكون
موضوع الحوار
باباً ندخل
من خلاله في
الحياة الجامعية
لبناء شخصية
الطالب والأستاذ
والإداري في
الجامعة.
ولأننا
أردنا ونريد
دوماً أن تكون
جامعتنا الأنطونيّة،
جامعةَ الحوار
والإنفتاح
البنّاء لملاقاة
الآخر والإعتراف
بالآخر والمساهمة
في نموه ونضوجه،
مهما كانت الفروقات
والتضاربات،
وأيّاً كان
نوعها أو مصدرها.
سعَينا جاهدين
على التركيز
على الحوار
وشموليته وأهميته.
ولحوارِ اللغات
شروطٌ وأسس
ومعايير تنبثق
عنه حيثياتٌ
ونتائجُ عدّة.
فاللغة الفرنسية
مثلاً هي قاعدة
الفرنكوفونية
ولغةُ حوارٍ
وتواصلٍ بدرجة
أولى، واللغة
الإنكليزية
هي اللغةُ الجامعة
والدولية في
عالمنا اليوم.
والمجتمع الكندي
يتفاعل مع هذه
وتلك، وتشكلان
معاً هوية كندا
الثقافية والإقتصادية
والسياسية.
ولأن
الجامعة الأنطونيّة
كانت ولم تزل
على عراقتها
ولبنانيتها
الأصيلة تطمح
دوماً الى آفاق
واسعة، فتفتحُ
ذراعيها لاحتضان
معظمِ الثقافات
واللغات لأن
التعددَ أساس
النمو والتطور.
وبالفعل فإنها
اليومَ تحتضنُ
اللغة الفرنسية
وتعلّمُ اختصاصاتها
في هذه اللغة،
فهي فرنكفونية
بالطبع. وتتابع
مسيرتها لتولي
اللغة الإنكليزية
أهمية قسوى،
فبواسطتها
تجعل طلابها
رواداً في سوق
العمل يُتقِنون
لغات عديدة
ومميزين بشخصيتهم
من خلال هذا
التفاعل.
Pascal
Quignard disait : « La langue, au sens du langage, est foncièrement
liée au désir de domination sociale. Elle cherche
l’ascendant. Sa fonction est le dialogue et le dialogue, quoi
qu’on en dise de nos jours, c’est la guerre ».
Chers conférenciers,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Avec vous et en votre présence nous affirmons que notre université,
en optant pour le dialogue des langues, se veut un laboratoire,
non pas de cohabitation entre les langues, l’arabe, le français
et l’anglais mais un laboratoire d’interaction entre
les langues, un laboratoire de paix dans son approche des cultures
et de développement de la personne humaine dans toutes ses
dimensions.
Chers conférenciers,
Tout comme le dialogue entre les deux langues, le français
et l’anglais, signe du dialogue entre les puissances américaine
et française, a enfanté la résolution onusienne
1559, nous attendons ce soir une fertilité dans votre dialogue
et un nouveau-né, telle qu’une promesse, dont l’Université
Antonine se fait l’honneur d’être le témoin,
le parrain, voire même le berceau.
Enfin, qu’il me soit permis de remercier M. l’Ambassadeur
Michel DUVAL, M. le Conseiller Frédéric CLAVIER et
M. l’Attaché Kenneth JONES pour leur disponibilité
d’être avec nous ce soir et leur générosité
de partager avec l’auditoire leur richesse dans le domaine
culturel, notamment celui des langues, eux les experts et les maîtres
du dialogue.
Merci

Notes
pour une allocution de S.E.M. Michel DUVAL
Monsieur
le Recteur, le P. Louis ROHBAN
Madame la Directrice du centre des langues Cynthia EID
Monsieur le Ministre Ghazi ARIDI
Monsieur le Député Robert GHANEM
Excellences, messieurs les ambassadeurs de France, Philippe LECOURTIWR
et des Etats-Unis Jeffrey FELTMAN
Mesdames et Messieurs,
L’Université
Antonine m’a fait l’honneur de m’inviter à
animer un débat sur le thème du Dialogue des langues,
(ou à modérer un match-nous verrons) dont les protagonistes
(acteurs principaux) sont :
M.
Kenneth JONES-l’attaché culturel de l’Ambassade
des Etats-Unis d’Amérique au Liban,
et M. Frédéric CLAVIER-Conseiller de coopération
et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Liban.
Les
deux représentent de grands pays dont le reyonnement culturel
est considérable et dépasse largement leurs frontières.
Ces deux pays investissent, chacun à leur manière,
des moyens considérables dans la diffusion de leur culture
et de leur langue.
La
présence de l’Ambassadeur du Canada entre ces deux
débvatteurs (c’est au Robert) a sans doute une valeur
symbolique puisque mon pays procède au plan linguistique
et culturel, un peu de l’un et un peu de l’autre, tout
en étant parfaitement original.
Le
grand écrivain francophone d’origine tunisienne, Albert
MEMMI, a dit fort justement dans une entrevue : « Un homme
à cheval sur deux cultures est rarement bien assis…
». Je peux vous assurer que je pense beaucoup à lui
aujourd’hui.
Le
français est ma langue maternelle et depuis très longtemps
j’ai pris le parti d’être francophone et de naviguer
au plus près de la culture française contemporaine.
J’aurais pu décider autrement et vivre une crise identitaire
– avec le questionnement que l’on trouve dans l’œuvre
autobiographique de MEMMI, dans Le Scorpion. C’est dire qu’il
n’a pas complètement été absent de mes
réflexions à un moment de ma vie où j’ai
hésité entre le français et l’anglais.
Francophone
certes, mais pas Français, puisque avec la même détermination
j’ai pris le parti d’être d’Amérique
(à défaut de pouvoir dire Américain, puisque
nos voisins du Sud ont monopolisé ce vocable). Être
d’Amérique donc avec tout ce que cela implique au plan
culturel et au plan de la conception de l’espace et des relations
humaines.
Forcément
j’ai dû aussi prendre mon parti d’être un
truchement (interprètre) avec ce que cela comporte de trahison,
de créativité et d’originalité, je mérite
donc d’être assis entre nos deux orateurs.
Un
mot sur les langues. La langue n’est pas une chose extraordinaire,
c’est plutôt un outil assez commun. En 1983, il y a
deux décennies, on en a recensé 3000 langues grandes
et petites, sans compter les dialectes.
(1- Michel MALHERBE, Les langues de l’humanité. Seghers,
1983)
Les
langues, malgré toutes les académies et les grammairiens
restent en perpétuelle évolution. Elles empruntent,
adaptent, copient et voguent allègrement ou disparaissent
tout naturellement. Pensez à l’anglais de Shakespeare
et au français de Rabelais, ils ne se lisent plus avec autant
de facilité, jusqu’à Montaigne que l’on
doit traduire…
Une
douzaine de langues sont parlées par plus de 100 millions
de personnes, le chinois mandarin, par 900 millions de personne,
près du double de l’anglais, loin devant le russe (280),
l’espagnol (200), l’arabe (150) et le portugais (140)
– toutes des langues de culture.
La
langue est d’abord et avant tout un moyen de communication,
mais c’est aussi un outil culturel, une langue de ulture liée
au politique, à l’économique ou au religieux.
C’est cette dernière dimension, l’outil culturel,
qui retiendra notre attention aujourd’hui.
L’anglais
est après le mandarin la langue la plus parlée sur
la planète avec 320 millions de personnes comme langue maternelle
et 150 millions de personnes l’utilisant comme langue de communication.
Il ne fait aucun doute que l’anglais est la langue de communication
du monde moderne et que sa pénétration est plus profonde
que ne le fut celle du latin.
Le
français est loin derrière avec 70 millions de locuteurs
et 50 millions l’utilisant comme langue de communication pour
un total de 120 millions comparativement à 470 millions pour
l’anglais. L’anglais est parlé dans 47 pays alors
que le français est parlé dans 26 pays. Le Canada,
le Cameroun et Vanuatu sont compté dans l’une et l’autre
colonne.
Bien
entendu il ne s’agit pas uniquement d’une affaire de
nombres, plusieurs espaces linguistiques cohabitent et se portent
très bien merci. Nous parlons aujourd’hui d’un
dialogue entre deux grandes langues portées par deux volontés
politiques.
On
peut se poser quelques questions :
-
Tout d’abord les langues on le sait s’empruntent, se
pillent, se copient-est-ce ça le dialogue des langues ?
- Ensuite, l’efficacité des communications nécessite
une langue commune, l’acquisition de cette langue commune
ne fait-elle pas partie du dialogue des langues ?
- Finalement, l’utilisation d’une langue commune de
communication est-elle une menace pour les autres grandes langues
de culture ?
Voilà
un débat qui concerne tous les polyglottes, mais qui intéresse
particulièrement les Libanais et leur longue tradition de
formation et de culture française et américaine. Les
Libanais sont aussi aux prises avec ce dialogue des langues et partent
comme Albert MEMMI de l’arabe vers une ou l’autre et
parfois les deux langues en dialogue.
Je
n’ai pas parlé jusqu’ici de la facilité
de l’une ou l’autre langue, vous savez tous que parler
une autre langue nécessite une bonne dose d’humour.
Il ne faut pas craindre de trébucher et il faut savoir en
rire. L’humoriste Peter USTINOV a dit : «Si vous faites
une erreur en français ou en allemand tout le monde l’entend
et vous trébuchez jusqu’à la fin de la phrase,
pas moyen de se rattraper. Par contre si vous faites une erreur
en anglais tout le monde s’interroge sur cette nouveauté
et vous avez l’air créateur ».
Messieurs
à vous de jouer, qui va commencer ?

Speech
of Mr. Kenneth JONES
Thank
you for the introduction.
Greetings
Ambassadors
Rector (I hope he is feeling better)
Secretary General, Father Fady Fadel
Head of English & French Departments, Cynthia Eid
Deans
Mr. Clavier
Students
and Honored guest
I was going to keep things simple and end my speech early by simply
saying two words:
Internet
The Internet
But then that would have neglected:
(3)
key points - Coke Cola
- British Imperialism
- And the American way of life
Not
a linguist Before we get going, let me start of by saying that I
am not a linguist.
Before joining the U.S. State Department and before becoming a diplomat,
I practiced architecture, taught fine art and art history at a university,
ran a school for fine art, and worked with foundations to strengthen
non-profit organizations in the United States.
Communication
However, as an architect, a professor, and an organization leader,
my preoccupation has always been with how people communicated with
each other
whether it was through:
-
visual communication, like art and drawings or
- verbal communication
How people choose to bridge gaps in communication to express themselves,
their ideas, and their culture, fascinates me to this day.
Using
Hands How many times have you met someone who draws a picture or
uses their hands in order to help get a point across.
Italian
For me, being half-Italian, using my hands to express myself is
basically second nature – it is simply how we communicated
at home. But our style – my family’s style – might
not work in a different neighborhood or a different household.
Our
friendly gestures – the mutual understanding that we take
for granted – might be seriously misunderstood.
These
same types of misunderstanding – which exists between languages
– can clearly exist even when people think they’re talking
the same language.
AT&T
At one point in my career, I worked with AT&T (the big telephone
conglomerate in the US) to help its creative teams communicate with
the managerial teams. Even though, both groups were speaking English
- the ways they communicated were SO starkly different that they
couldn’t understand each other. The “liberal arts”
based creative teams couldn’t understand the linear thinking
of the managerial teams. Even though they were speaking the same
language,
they simply couldn’t communicate.
The
World As I started to enter the world and travel, I was shocked
at how easy it was to speak English - even in some of the most remote
parts of the world.
One of my first experience living in a different country was when
I studied in Scotland. Not knowing another language, I was relieved
that the Scottish people spoke English.
To my surprise, there were many times when people had to ask me
to talk slower or I didn’t realize that when they said, “do
you ken?” – and you remember that my first name is Kenn
– that they weren’t addressing me by my first name but
asking me if I understood what they were saying.
“Do
you ken” meant do you understand?
I clearly didn’t.
Lebanon
Now that I have traveled more widely, I am even more impressed with
people’s interest and ability to speak multiple languages
and their desire to communicate.
Lebanon is a primary example of this desire.
Survey
Let me take a break for a second for a quick survey – please
help me out by raising your hands to the following questions and
look around you to see the response:
-
How many people in this room speak more than one language?
-
Leave you hands up if you speak two languages?
-
And, how many people speak conversational Arabic, French, and English?
Thank you.
You all just help to illustrate the Hi Keefack Savah principle illustrating
the power of the Lebanese people to cross multiple cultures –
to combine multiple languages in or to express your desire to communicate
– and your desire to listen.
Between this amazing gift – to communicate fluidly in three
important languages – and your rich and complex cultural history,
I cannot imagine a people better equipped to build a bridge between
the Arab and Western worlds.
English
This is particularly important TODAY, when the issues facing the
Middle East have us all within its grip and at a time when English
is the most widely spoken language in the world.
Why do so many people speak English?
The answer isn’t easy – and can’t be fully addressed
in the next twenty minutes, but I can assure you that the roots
of this phenomenon are tied to:
-
the expansiveness of the British Empire in the 19th and 20th centuries
where the use and familiarity with the English language was spread
throughout the world
another good reason
-
is the desire for corporations like Coke Cola, McDonalds, or British
Petroleum to reach new markets in every city in every country of
the world
Starbucks
Today, we don’t just have franchises like Berger King or Starbucks
lining the major highways in almost every country but we are also
witnessing the exportation of American culture through the airwaves
Hasselhoff
We have – television – movies – popular music
– all searching for new audiences, new markets, and places
on the globe that haven’t seen what they have to offer.
It’s not uncommon for artists or television stars to find
a second life – or a rejuvenated career in after markets like
Europe, Japan, or the Middle East.
We have an actor named David Hasslehoff who starred in a successful
television show called Bay Watch
Well after the program went off the air in the United States, Bay
Watch was more successful and Hasselhoff was more famous in Germany
than he ever was in the United States.
Similarly, when I lived in Scotland during graduate school, the
students were fascinated with Dallas and JR Ewing – another
television show that depicted a small segment (an unrealistic segment)
of American life in oil rich Texas.
And just yesterday, I was talking with college student in Solidire
who spoke to me using phrases from his favorite American Rap songs.
He could have been a kid off the New York City streets.
While, talking with him was fun, I missed hearing HIS voice.
He was kind of like McDonalds, at first I found comfort in something
so familiar but then I was a little sad that HE COULD HAVE BEEN
a kid off the streets of New York City or any urban center in the
United States.
On my way home, I thought about him, this lecture, and the fact
that some people probably are not too happy that English –
American English – is the most widely spoken language in the
world
and then I thought about my Italian grandfather who wouldn’t
teach my Mother and her brothers speak ITALIAN because he wanted
them to be Americans.
America
And, even though they spoke English – Italian words crept
into their language – German words from the neighbor down
the street – Lebanese words from a popular television actor
– and even French words –all crept into American English.
Like our country, our language was a sponge constantly evolving
and reflecting the evolution of our country and our people.
The evolution of the English language is ongoing and continuous
– before scholars can complete the latest version of a dictionary,
new words are already being added to our vocabulary. Words with
origins from all over the world – from new inventions –
and the desire to move forward together.
Principals
The principals of inclusion,
of having a voice,
of being able to speak out in your own words,
and of being American,
were not principals that were expressed in one pure language but
a collection of sayings, phrases, and ideas from all over the world.
Like America – American English – embraces all the world.
During the Cold War, we actively share these principals with the
world through libraries and American Centers – through movies,
music, and literature.
The invention of computers and the internet spread ideas faster
than ever before taking with it American English.
With over 6,000 languages being spoken in the world, 80% of all
internet sites are in English. Toady, a student in Beirut, a businessperson
in Hong Kong, or a doctor in Bangladesh can all have access to the
same information.
They can share ideas – do research – explore concepts
– and express their voices unlike ANY TIME throughout history.
For many, English has became the language of research
The language of ideas and
The language of business.
A basic ability to speak English is the single most important prerequisite
in the global marketplace.
For me, I am sometimes frustrated that when I try to practice my
broken Arabic that people often say, “speak English it’s
better for you.”
In part, they want me to speak English because my Arabic really
isn’t that good, and in part, they want me to speak English
because THEY want to practice THEIR English.
But just like the student in Solidair – who mimics Rap artists
in an attempt to better understand a culture which has become such
a large part of his life – my diplomatic colleagues and I
are committed to speaking Arabic – Chinese – French
– or what ever language will enable us to understand the culture
and dynamics of the people with whom we share our lives.
But above all, I think they – and we – simply want to
communicate and understand each other better.
American English no longer belongs to America alone but to the world.
As we move forward, the American sponge will continue to absorb
and technology will continue to advance, enabling all us to understand
each other more easily.
Maybe one day, futuristic simultaneous translations may be our reality
enabling us to speak our own languages – it their purest form
– while allowing us to be completely understood at the same
time.
But until that day arrives, I ask you to continue speaking with
each other in whatever language enables you to communicate best
and promotes the open sharing of ideas.
And, I promise to keep practicing my Arabic even though it is easier
– in Lebanon – for me to speak English.
Thank
you With this, I want like to thank Father Fady Fadel and Cynthia
Eid for the opportunity to participate in this important discussion
and for the opportunity to engage you all in a dialogue of languages.
Thank
you.

Allocution
de M. Frédéric CLAVIER
M.
le Recteur,
Messieurs les Ambassadeurs,
Messieurs les Doyens,
Mesdames, Messieurs,
Quelle
place une langue a-t-elle dans l’identité nationale
et le dialogue des cultures ?
La langue constitue le vecteur essentiel de l’identité
d’une nation. Autant que remonte l’Histoire, le choix
d’une langue est un acte politique fondateur pour un pays.
La nation n’est en effet pas seulement un territoire, un peuple
et des frontières au sens du droit international. Elle n’est
pas non plus seulement, comme le rappelait le philosophe et sociologue
Ernest Renan au 19ème siècle, un rêve commun
défini à partir du grand cimetière de nos ancêtres.
La nation est, tout autant, constituée d’un peuple
qui partage un même code linguistique, une même forme
d’expression, creuset des rêves et de la destinée
commune d’un pays.
En France, cet acte de haute politique consistant à donner
un socle commun de la langue s’est rencontré très
tôt dans la préoccupation des monarques. Lorsque Philippe
Auguste gagna, en 1214, la bataille de Bouvines contre les Germains
alliés aux Burgondes, il fonde le début du processus
de la nation France. Mais il ne se contente pas de cette victoire
militaire. Il met aussitôt en place une administration éclairée,
formée de légats, chargés expressément
de définir des règles communes, à partir d’une
langue commune, la langue franque, devenue par la suite française.
Plus tard, lorsque le royaume de France sera plus affermi politiquement,
que sa base territoriale sera moins contestée, le vecteur
de la langue sera à nouveau mis en avant pour fédérer
l’ensemble des provinces de France. L’ordonnance de
Villers-Cotterêts, voulue et décidée par le
Roi François 1er au 16ème siècle, participe
pleinement de cette volonté.
Donc, toute langue est au centre de la construction politique d’un
Etat souverain au sens du Traité de Westphalie qui, en fondant
l’égalité souveraine des Etats, place du même
coup les langues nationales d’égalité linguistique.
Mais toute langue est également mortelle, et ça nous
le savons depuis longtemps. Lorsque Paul Valéry rappelle
que toute civilisation est mortelle, il pense d’abord à
la chute des Empires, grec, perse, romain ou byzantin. Mais une
civilisation ou, plus précisément, une culture, sont
aussi mortelles parce qu’elles ne sont plus parlées,
comme langue d’échanges, par un groupe homogène.
Lorsque la langue n’est plus comprise par un nombre suffisamment
significatif d’individus, elle se délite puis meure
au sens structural du terme. On peut considérer aujourd’hui
que 6.000 langues sont parlées à travers le monde
(très largement vernaculaires). Chaque année, une
cinquantaine d’entre elles rentrent dans cette marginalité
où elles ne correspondent plus à des échanges
culturels, commerciaux voire politiques.
C’est en ce sens aussi que la dimension du dialogue des cultures
est déterminant. Il ne s’agit pas d’imposer quelque
langue qui n’ait pas été pleinement acceptée
et intégrée. D’ailleurs, à la base du
dialogue des cultures, c’est d’abord le voyage qui en
est le vecteur. Parmi les voyageurs arabes, Ibn Battûta nous
offre le premier éclairage singulier. Lorsque, au début
du XIVème siècle, il quitte le Maroc pour se rendre
à la Mecque, il n’en reviendra que 24 ans plus tard.
Il sera passé, entre autre, par l’Afrique Orientale,
en 1330-1331. Il est surpris des différences de mœurs,
des aliments qu’on y mange, des méthodes de gouvernement
qui ne sont pas les mêmes. Il apprend les langues des pays
qu’il visite. Il les compare avec la sienne. Il interroge,
goûte, se fait une opinion. Bien mieux, il accepte l’altérité
: il juge, approuve ou désapprouve, mais, surtout, il accepte
d’être changé par le regard qu’il porte
sur de nouvelles formes de mœurs ou de cultures.
Pour autant, jusqu’où est allée l’interdépendance
entre ces deux mondes arabe et africain sub-saharien ? Ce qu’un
homme peut faire, un homme comme Ibn Bâttuta, qui puise dans
l’altérité un monde d’évolution
intérieure, dans le vrai sens du mot latin cambiare, c’est
à dire échanger quelque chose contre autre chose,
est-ce valable pour les collectivités humaines, pour des
sociétés constituées ? L’exemple du royaume
de Tombouctou, fondé au XIIème siècle, est
à cet égard édifiant. Les rois de Tombouctou
(aujourd’hui au Mali) érigèrent entre le 15è
et le 16è siècle un grand centre religieux et intellectuel.
Le trésor royal, en or, était plus important numérairement
que celui des Rois de France. Ces rois africains surent attirer
de grands savants arabes, notamment en architecture, et amenèrent
à leur Cour des poètes persans. Néanmoins,
il est peu certain que l’ensemble des choses se modifia :
le mode de gouvernement africain, un forum de consensus basé
sur la discussion ouverte à toute la communauté et
prise après l’avis du Conseil des anciens, est resté
le mode traditionnel de décision. Le droit coutumier l’a
toujours emporté sur la codification et les textes juridiques,
à l’inverse du monde arabe. En dehors de quelques cités,
les grandes traductions orales des textes grecs d’Aristote
sont quasiment inconnues. Il sera donc intéressant de se
pencher sur les causes des différentiels existants entre
dialogue des individus et dialogue des collectivités, l’un
n’entraînant pas utilement l’autre.
Pour autant, le dialogue est l’inverse de la tolérance.
Les sociétés occidentales se réfèrent
souvent au terme de tolérance, entendu comme une matrice
politique et socio-religieuse. Le mot latin « tolerare »
signifie, dans son acception pleine et entière, de supporter
quelque chose que l’on estime injuste ou inexact. Tolérer,
implique donc l’acception de l’autre, mais sans engager
de discussion, en refusant l’altérité, sans
prendre le risque d’être transformé par l’autre.
La traduction politique, dans l’ordonnancement de la cité,
est donc la communauté, au risque du communautarisme, comme
contrat de société. Les communautés se côtoient
sans se connaître ; elles s’acceptent, pour autant qu’aucune
d’entre elles n’empiète sur le champ des compétences
des autres. C’est l’inverse de la Res publica des Romains
où, par le dialogue, l’on invente un futur commun,
un projet politique où chaque communauté doit négocier,
transiger et, dans un socle commun, trouver la garantie de son prolongement
existentiel.
En ce sens, la Francophonie, par les vecteurs qu’elle porte
en elle, intensifie la mécanique du dialogue. Son message
d’écoute et de respect des autres civilisations, y
compris les plus délaissées, ce que l’on dénomme
aujourd’hui les cultures premières, lui donne cette
capacité à être un passeur, un trait d’union
entre cultures. L’écrivain malien Hampate Bâ,
rêvait peut-être en langue bambara, mais il écrivait
ses chefs d’œuvre en français. Par là même,
et dans un suprême paradoxe, c’est en écrivant
en français qu’il contribuera à mieux faire
connaître, et défendre, la richesse de la culture malienne.
Dialogue, culture, coopération, voici le triptyque sur lequel
doit s’asseoir toute civilisation qui veut se prolonger dans
le monde multipolaire du temps présent.
Ces langues dont nous parlons, elles ne doivent pas néanmoins
rester dans un carcan aux règles strictes qui les rendent
hermétiques à l’autre et même, parfois,
à ceux qui en ont l’usage commun. Fénelon nous
le dit dans les premières années du 18ème siècle,
en 1714 très précisément. Lorsqu’il écrit
ses « Réflexions sur la grammaire, la rhétorique,
la poétique et l’Histoire », dénommé
lettre à l’Académie française, il exhorte
les académiciens à ne pas craindre l’apport
extérieur comme la voile ne craint pas le vent. Il rappelle
opportunément que la langue latine a emprunté au grec,
que le français a emprunté à la langue anglaise
et vice-versa.
Cicéron, quoique très scrupuleux sur la pureté
de la langue, emploie librement les mots grecs dont il a besoin
(De finibus, Academia). L’argument sera repris par le poète
Joachim du Bellay dans « Défense et illustration de
la langue française ». « Prenons de tous côtés
ce qu’il nous faut, pour rendre notre langue plus claire,
plus précise et plus harmonieuse. Toute circonlocution affaiblit
le discours ». Ce qui paraît décisif à
Fénelon, c’est que l’emprunt fait à une
autre langue ne se superpose pas à la structure linguistique
déjà existante mais qu’elle latinise ou francise
le mot d’emprunt, c’est à dire lui donne une
compréhension pour la langue d’emprunt. Il me semble
que, depuis Fénelon, les choses n’ont guère
changé, le mouvement, du fait d’une circulation plus
élargie et plus rapide des idées et des langues, s’est
seulement amplifié.
Cette capacité d’absorption d’autres langues,
le Liban est un exemple très singulier et particulièrement
remarquable. Le pays est, depuis longtemps déjà, à
partir de son socle arabophone, en correspondance avec d’autres
langues, le français et l’anglais principalement, qui
sont également constitutifs de son identité. En ce
sens, le Liban est un exemple remarquable de tri-linguisme et il
me paraît préfigurer, avec l’avance éducationnelle
qui est la sienne, des mouvements linguistiques ultérieurs
dans la zone. La langue française progresse avec un arc d’apprentissage
qui repart du Caire et qui va jusqu’aux pays du Golfe, en
passant par le Liban et la Syrie.
Cet intérêt manifesté l’est pour plusieurs
raisons mais, pour rester sur le terrain de l’éducation,
il l’est parce que l’apprentissage de la langue s’adosse
sur des structures de premier et deuxième cycle scolaires
remarquables, qui en font des établissements d’excellence
formant des élites nationales. Cet apprentissage se fait
enfin parce que la réussite des enfants passe, entre autre,
par la maîtrise de cette langue. Je suis convaincu que la
maîtrise pluri-linguistique est un atout bien plus considérable
dans notre monde en mouvement que la réduction de la pensée
et de la culture à une ou deux langues majeures. D’ailleurs,
Georges Dumézil, lorsqu’il étudiait les langues
sémitiques disparues depuis 2000 ans, rappelait que leur
connaissance permet de mieux éclairer l’avenir et d’engager
des choix politiques mieux fondés. En ce sens d’ailleurs,
l’anglais et le français, peut-être un jour l’espagnol,
sont les seules langues que l’on apprenne partout à
travers le monde. Ce sont les seules à connaître une
expansion quantitative réelle car elles constituent ce lien
fondamental entre des sociétés et des individus d’origine
diverse. En un mot, elles sont les seules, à ce jour, à
constituer une ouverture sur le monde avec, pour le français,
une dimension de rigueur conceptuelle et de critique intérieure
qui, en introduisant le doute comme méthode de travail, libère
la pensée et lui donne toute sa dimension créatrice.
La langue française, en ce sens, doit à la fois rester
une langue de culture mais aussi de progrès. Car cette langue,
qui plonge ses racines dans la nuit des temps, s’est sans
cesse renouvelée pour offrir aux êtres humains le don
de bâtir des sociétés plus justes, plus pacifiques
et plus stables, d’abord rêvées puis créées
par les formes politiques de peuples éclairés par
leurs élites. Voici le message de l’universalité
auquel nous sommes tous promis.
Je vous remercie de votre aimable attention
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