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Dialogue des Langues






     

 

Le Recteur de l’Université Antonine
P. Louis ROHBAN


a le plaisir de vous inviter
à la conférence inaugurale


« Dialogue des langues »


donnée par


M. Frédéric CLAVIER
Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle
Ambassade de France au Liban

M. Kenneth JONES
Attaché Culturel
Ambassade des États-Unis d’Amérique au Liban


animée par

S.E.M. Michel DUVAL
Ambassadeur du Canada


Date : Jeudi 28 octobre 2004, à 16h00
Lieu : Université Antonine, Auditorium de la Faculté d’Ingénieurs, Hadath - Baabda

 

 
 

The President of the Antonine University
Fr. Louis ROHBAN


has the pleasure to invite you
to the inaugural lecture


« Dialogue of languages »


given by


Mr. Kenneth JONES
Cultural Attaché
Embassy of the United States of America in Lebanon

Mr. Frédéric CLAVIER
Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle
Embassy of France in Lebanon


animated by

H.E.Mr. Michel DUVAL
Ambassador of Canada


Date : Thursday, 28th October 2004, at 4h00 p.m.
Place : Antonine University, Auditorium of the Faculty of Engineering, Hadath-Baabda









   

 
 


Lettre d’introduction de Mlle Cynthia EID

Responsable du centre de langues à l’Université Antonine

Allocution du P. Fady FADEL
Secrétaire Général de l’Université Antonine

Notes pour une allocution de S.E.M. Michel DUVAL
Ambassadeur du Canada

Speech of Mr. Kenneth JONES
Cultural Attaché at the Embassy of the United States of America in Lebanon

Allocution de M. Frédéric CLAVIER
Conseiller de coopération et d’action culturelle à l’Ambassade de France au Liban


 


Lettre d’introduction de Mlle Cynthia EID

Excellences,
Révérend Père Abbé,
Révérend Père Recteur,
Honorables invités,
Chers étudiants,


La fin du XXème siècle a vu s’opérer dans le monde entier d’importants changements sur le plan politique comme sur le plan économique. L’un des objectifs sociaux et politiques de notre université est de promouvoir la compréhension et la tolérance au sein de la diversité des cultures, ces cultures elles-mêmes s’exprimant dans une variété de langues. Si la diversité linguistique et culturelle y est effectivement portée par la multiplication des échanges, il faut cependant constater que le plurilinguisme au Liban est encore l’exception plutôt que la règle de la région.

De leur côté, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ont transformé l’accès à l’information comme l’appropriation des connaissances : en effet, l’informatique offre de nouveaux moyens et de nouvelles perspectives de dialogue entre les langues et les peuples.

Comment l’interaction entre les trois langues, l’arabe, le français et l’anglais peut-elle contribuer au maintien de la diversité linguistique dans la dynamique de la construction du Liban et plus spécifiquement de l’Université Antonine, et répondre à ce qui est souvent présenté comme défi insurmontable ?

La réflexion sur l’enseignement-apprentissage des langues et le dialogue entre ces dernières fait de plus en plus de place au concept de communication, un choix prenant en compte à la fois la réalité des besoins de nos apprenants antonins et les politiques éducatives contemporaines de notre université pionnière dans ce domaine.

Merci

Excellencies,
Reverend Father Abbot,
Reverend Father Rector,
Distinguished guests,
Dear students,

Important changes have taken place in the whole world at the end of the twentieth century, in politics as well as in economy. Today, one of the social and political objectives of our university is to promote comprehension and tolerance among the diversity of cultures, which, as we know, are expressed in a variety of languages.

Although linguistic and cultural diversity is actually promoted by the multiplication of exchanges, we have to acknowledge that plurilingualism in Lebanon is still an exception rather than the rule for its border areas.

On the other hand, Information and Communication Technology (ICT) has transformed our access to information and our modes of acquisition of knowledge. Computers offer new means and new perspectives both for learning and for the diffusion of information which help dialogue between languages and people.

How can the interaction between the three languages, Arabic, English and French contribute to the maintenance of linguistic diversity in the process of the construction of Lebanon and specifically of the Antonine University; and thus constitute an answer to what is often presented as an impossible challenge?

In the research and action in the areas of teaching and learning that have been promoted by the recent developments and applicants of ICT, the concept of communication has gained considerable importance; a choice that would take into account the reality of Antonine students communicative needs and the contemporary educational of our university, pioneer in this field.

Thank you


Allocution du P. Fady FADEL

سعادة الدكتور ايلي عساف، ممثل فخامة رئيس الجمهورية العماد اميل لحود،

قدس الأب العام،

أصحاب المعالي والسعادة،

سعادة المحاضرين،

أيّها الحفل الكريم،

          اسمحوا لنا أولاًُ أن نعبّر لكم عن شكرنا وامتناننا لحضوركم ومشاركتنا الندوة الإفتتاحية للعام الجامعي الجاري. نشكركم باسم رئيس الجامعة، الأب لويس الرهبان، الذي نتمنى له الشفاء العاجل ليعاود نشاطه الإداري مجدداً، هو الذي عهدناه دوماً سيد المنبر والكلمة في الجامعة الأنطونيّة.

          لم ننتقِ موضوع "حوار اللغات" بطريقة استنسابية لنفتتح به النشاطات الثقافية في الجامعة ، بل عمدنا أن يكون موضوع الحوار باباً ندخل من خلاله في الحياة الجامعية لبناء شخصية الطالب والأستاذ والإداري في الجامعة.

          ولأننا أردنا ونريد دوماً أن تكون جامعتنا الأنطونيّة، جامعةَ الحوار والإنفتاح البنّاء لملاقاة الآخر والإعتراف بالآخر والمساهمة في نموه ونضوجه، مهما كانت الفروقات والتضاربات، وأيّاً كان نوعها أو مصدرها. سعَينا جاهدين على التركيز على الحوار وشموليته وأهميته. ولحوارِ اللغات شروطٌ وأسس ومعايير تنبثق عنه حيثياتٌ ونتائجُ عدّة. فاللغة الفرنسية مثلاً هي قاعدة الفرنكوفونية ولغةُ حوارٍ وتواصلٍ بدرجة أولى، واللغة الإنكليزية هي اللغةُ الجامعة والدولية في عالمنا اليوم. والمجتمع الكندي يتفاعل مع هذه وتلك، وتشكلان معاً هوية كندا الثقافية والإقتصادية والسياسية.

          ولأن الجامعة الأنطونيّة كانت ولم تزل على عراقتها ولبنانيتها الأصيلة تطمح دوماً الى آفاق واسعة، فتفتحُ ذراعيها لاحتضان معظمِ الثقافات واللغات لأن التعددَ أساس النمو والتطور. وبالفعل فإنها اليومَ تحتضنُ اللغة الفرنسية وتعلّمُ اختصاصاتها في هذه اللغة، فهي فرنكفونية بالطبع. وتتابع مسيرتها لتولي اللغة الإنكليزية أهمية قسوى، فبواسطتها تجعل طلابها رواداً في سوق العمل يُتقِنون لغات عديدة ومميزين بشخصيتهم من خلال هذا التفاعل.

 

Pascal Quignard disait : « La langue, au sens du langage, est foncièrement liée au désir de domination sociale. Elle cherche l’ascendant. Sa fonction est le dialogue et le dialogue, quoi qu’on en dise de nos jours, c’est la guerre ».


Chers conférenciers,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Avec vous et en votre présence nous affirmons que notre université, en optant pour le dialogue des langues, se veut un laboratoire, non pas de cohabitation entre les langues, l’arabe, le français et l’anglais mais un laboratoire d’interaction entre les langues, un laboratoire de paix dans son approche des cultures et de développement de la personne humaine dans toutes ses dimensions.


Chers conférenciers,

Tout comme le dialogue entre les deux langues, le français et l’anglais, signe du dialogue entre les puissances américaine et française, a enfanté la résolution onusienne 1559, nous attendons ce soir une fertilité dans votre dialogue et un nouveau-né, telle qu’une promesse, dont l’Université Antonine se fait l’honneur d’être le témoin, le parrain, voire même le berceau.

Enfin, qu’il me soit permis de remercier M. l’Ambassadeur Michel DUVAL, M. le Conseiller Frédéric CLAVIER et M. l’Attaché Kenneth JONES pour leur disponibilité d’être avec nous ce soir et leur générosité de partager avec l’auditoire leur richesse dans le domaine culturel, notamment celui des langues, eux les experts et les maîtres du dialogue.


Merci

Notes pour une allocution de S.E.M. Michel DUVAL

Monsieur le Recteur, le P. Louis ROHBAN
Madame la Directrice du centre des langues Cynthia EID
Monsieur le Ministre Ghazi ARIDI
Monsieur le Député Robert GHANEM
Excellences, messieurs les ambassadeurs de France, Philippe LECOURTIWR et des Etats-Unis Jeffrey FELTMAN
Mesdames et Messieurs,

L’Université Antonine m’a fait l’honneur de m’inviter à animer un débat sur le thème du Dialogue des langues, (ou à modérer un match-nous verrons) dont les protagonistes (acteurs principaux) sont :

M. Kenneth JONES-l’attaché culturel de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique au Liban,
et M. Frédéric CLAVIER-Conseiller de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France au Liban.

Les deux représentent de grands pays dont le reyonnement culturel est considérable et dépasse largement leurs frontières. Ces deux pays investissent, chacun à leur manière, des moyens considérables dans la diffusion de leur culture et de leur langue.

La présence de l’Ambassadeur du Canada entre ces deux débvatteurs (c’est au Robert) a sans doute une valeur symbolique puisque mon pays procède au plan linguistique et culturel, un peu de l’un et un peu de l’autre, tout en étant parfaitement original.

Le grand écrivain francophone d’origine tunisienne, Albert MEMMI, a dit fort justement dans une entrevue : « Un homme à cheval sur deux cultures est rarement bien assis… ». Je peux vous assurer que je pense beaucoup à lui aujourd’hui.

Le français est ma langue maternelle et depuis très longtemps j’ai pris le parti d’être francophone et de naviguer au plus près de la culture française contemporaine. J’aurais pu décider autrement et vivre une crise identitaire – avec le questionnement que l’on trouve dans l’œuvre autobiographique de MEMMI, dans Le Scorpion. C’est dire qu’il n’a pas complètement été absent de mes réflexions à un moment de ma vie où j’ai hésité entre le français et l’anglais.

Francophone certes, mais pas Français, puisque avec la même détermination j’ai pris le parti d’être d’Amérique (à défaut de pouvoir dire Américain, puisque nos voisins du Sud ont monopolisé ce vocable). Être d’Amérique donc avec tout ce que cela implique au plan culturel et au plan de la conception de l’espace et des relations humaines.

Forcément j’ai dû aussi prendre mon parti d’être un truchement (interprètre) avec ce que cela comporte de trahison, de créativité et d’originalité, je mérite donc d’être assis entre nos deux orateurs.

Un mot sur les langues. La langue n’est pas une chose extraordinaire, c’est plutôt un outil assez commun. En 1983, il y a deux décennies, on en a recensé 3000 langues grandes et petites, sans compter les dialectes.
(1- Michel MALHERBE, Les langues de l’humanité. Seghers, 1983)

Les langues, malgré toutes les académies et les grammairiens restent en perpétuelle évolution. Elles empruntent, adaptent, copient et voguent allègrement ou disparaissent tout naturellement. Pensez à l’anglais de Shakespeare et au français de Rabelais, ils ne se lisent plus avec autant de facilité, jusqu’à Montaigne que l’on doit traduire…

Une douzaine de langues sont parlées par plus de 100 millions de personnes, le chinois mandarin, par 900 millions de personne, près du double de l’anglais, loin devant le russe (280), l’espagnol (200), l’arabe (150) et le portugais (140) – toutes des langues de culture.

La langue est d’abord et avant tout un moyen de communication, mais c’est aussi un outil culturel, une langue de ulture liée au politique, à l’économique ou au religieux. C’est cette dernière dimension, l’outil culturel, qui retiendra notre attention aujourd’hui.

L’anglais est après le mandarin la langue la plus parlée sur la planète avec 320 millions de personnes comme langue maternelle et 150 millions de personnes l’utilisant comme langue de communication. Il ne fait aucun doute que l’anglais est la langue de communication du monde moderne et que sa pénétration est plus profonde que ne le fut celle du latin.

Le français est loin derrière avec 70 millions de locuteurs et 50 millions l’utilisant comme langue de communication pour un total de 120 millions comparativement à 470 millions pour l’anglais. L’anglais est parlé dans 47 pays alors que le français est parlé dans 26 pays. Le Canada, le Cameroun et Vanuatu sont compté dans l’une et l’autre colonne.

Bien entendu il ne s’agit pas uniquement d’une affaire de nombres, plusieurs espaces linguistiques cohabitent et se portent très bien merci. Nous parlons aujourd’hui d’un dialogue entre deux grandes langues portées par deux volontés politiques.

On peut se poser quelques questions :

- Tout d’abord les langues on le sait s’empruntent, se pillent, se copient-est-ce ça le dialogue des langues ?
- Ensuite, l’efficacité des communications nécessite une langue commune, l’acquisition de cette langue commune ne fait-elle pas partie du dialogue des langues ?
- Finalement, l’utilisation d’une langue commune de communication est-elle une menace pour les autres grandes langues de culture ?

Voilà un débat qui concerne tous les polyglottes, mais qui intéresse particulièrement les Libanais et leur longue tradition de formation et de culture française et américaine. Les Libanais sont aussi aux prises avec ce dialogue des langues et partent comme Albert MEMMI de l’arabe vers une ou l’autre et parfois les deux langues en dialogue.

Je n’ai pas parlé jusqu’ici de la facilité de l’une ou l’autre langue, vous savez tous que parler une autre langue nécessite une bonne dose d’humour. Il ne faut pas craindre de trébucher et il faut savoir en rire. L’humoriste Peter USTINOV a dit : «Si vous faites une erreur en français ou en allemand tout le monde l’entend et vous trébuchez jusqu’à la fin de la phrase, pas moyen de se rattraper. Par contre si vous faites une erreur en anglais tout le monde s’interroge sur cette nouveauté et vous avez l’air créateur ».

Messieurs à vous de jouer, qui va commencer ?

Speech of Mr. Kenneth JONES

Thank you for the introduction.

Greetings Ambassadors
Rector (I hope he is feeling better)
Secretary General, Father Fady Fadel
Head of English & French Departments, Cynthia Eid
Deans
Mr. Clavier
Students
and Honored guest

I was going to keep things simple and end my speech early by simply saying two words:

Internet The Internet

But then that would have neglected:

(3) key points - Coke Cola
- British Imperialism
- And the American way of life

Not a linguist Before we get going, let me start of by saying that I am not a linguist.

Before joining the U.S. State Department and before becoming a diplomat, I practiced architecture, taught fine art and art history at a university, ran a school for fine art, and worked with foundations to strengthen non-profit organizations in the United States.

Communication However, as an architect, a professor, and an organization leader, my preoccupation has always been with how people communicated with each other

whether it was through:

- visual communication, like art and drawings or
- verbal communication

How people choose to bridge gaps in communication to express themselves, their ideas, and their culture, fascinates me to this day.

Using Hands How many times have you met someone who draws a picture or uses their hands in order to help get a point across.

Italian For me, being half-Italian, using my hands to express myself is basically second nature – it is simply how we communicated at home. But our style – my family’s style – might not work in a different neighborhood or a different household.

Our friendly gestures – the mutual understanding that we take for granted – might be seriously misunderstood.

These same types of misunderstanding – which exists between languages – can clearly exist even when people think they’re talking the same language.

AT&T At one point in my career, I worked with AT&T (the big telephone conglomerate in the US) to help its creative teams communicate with the managerial teams. Even though, both groups were speaking English - the ways they communicated were SO starkly different that they couldn’t understand each other. The “liberal arts” based creative teams couldn’t understand the linear thinking of the managerial teams. Even though they were speaking the same language,

they simply couldn’t communicate.

The World As I started to enter the world and travel, I was shocked at how easy it was to speak English - even in some of the most remote parts of the world.

One of my first experience living in a different country was when I studied in Scotland. Not knowing another language, I was relieved that the Scottish people spoke English.

To my surprise, there were many times when people had to ask me to talk slower or I didn’t realize that when they said, “do you ken?” – and you remember that my first name is Kenn – that they weren’t addressing me by my first name but asking me if I understood what they were saying.

“Do you ken” meant do you understand?

I clearly didn’t.

Lebanon Now that I have traveled more widely, I am even more impressed with people’s interest and ability to speak multiple languages and their desire to communicate.

Lebanon is a primary example of this desire.

Survey Let me take a break for a second for a quick survey – please help me out by raising your hands to the following questions and look around you to see the response:

- How many people in this room speak more than one language?

- Leave you hands up if you speak two languages?

- And, how many people speak conversational Arabic, French, and English?

Thank you.

You all just help to illustrate the Hi Keefack Savah principle illustrating the power of the Lebanese people to cross multiple cultures – to combine multiple languages in or to express your desire to communicate – and your desire to listen.

Between this amazing gift – to communicate fluidly in three important languages – and your rich and complex cultural history, I cannot imagine a people better equipped to build a bridge between the Arab and Western worlds.

English This is particularly important TODAY, when the issues facing the Middle East have us all within its grip and at a time when English is the most widely spoken language in the world.

Why do so many people speak English?

The answer isn’t easy – and can’t be fully addressed in the next twenty minutes, but I can assure you that the roots of this phenomenon are tied to:

- the expansiveness of the British Empire in the 19th and 20th centuries where the use and familiarity with the English language was spread throughout the world

another good reason

- is the desire for corporations like Coke Cola, McDonalds, or British Petroleum to reach new markets in every city in every country of the world

Starbucks Today, we don’t just have franchises like Berger King or Starbucks lining the major highways in almost every country but we are also witnessing the exportation of American culture through the airwaves

Hasselhoff We have – television – movies – popular music – all searching for new audiences, new markets, and places on the globe that haven’t seen what they have to offer.

It’s not uncommon for artists or television stars to find a second life – or a rejuvenated career in after markets like Europe, Japan, or the Middle East.

We have an actor named David Hasslehoff who starred in a successful television show called Bay Watch

Well after the program went off the air in the United States, Bay Watch was more successful and Hasselhoff was more famous in Germany than he ever was in the United States.

Similarly, when I lived in Scotland during graduate school, the students were fascinated with Dallas and JR Ewing – another television show that depicted a small segment (an unrealistic segment) of American life in oil rich Texas.

And just yesterday, I was talking with college student in Solidire who spoke to me using phrases from his favorite American Rap songs. He could have been a kid off the New York City streets.

While, talking with him was fun, I missed hearing HIS voice.

He was kind of like McDonalds, at first I found comfort in something so familiar but then I was a little sad that HE COULD HAVE BEEN a kid off the streets of New York City or any urban center in the United States.

On my way home, I thought about him, this lecture, and the fact that some people probably are not too happy that English – American English – is the most widely spoken language in the world

and then I thought about my Italian grandfather who wouldn’t teach my Mother and her brothers speak ITALIAN because he wanted them to be Americans.

America And, even though they spoke English – Italian words crept into their language – German words from the neighbor down the street – Lebanese words from a popular television actor – and even French words –all crept into American English.

Like our country, our language was a sponge constantly evolving and reflecting the evolution of our country and our people.

The evolution of the English language is ongoing and continuous – before scholars can complete the latest version of a dictionary, new words are already being added to our vocabulary. Words with origins from all over the world – from new inventions – and the desire to move forward together.

Principals The principals of inclusion,
of having a voice,
of being able to speak out in your own words,
and of being American,

were not principals that were expressed in one pure language but a collection of sayings, phrases, and ideas from all over the world. Like America – American English – embraces all the world.

During the Cold War, we actively share these principals with the world through libraries and American Centers – through movies, music, and literature.

The invention of computers and the internet spread ideas faster than ever before taking with it American English.

With over 6,000 languages being spoken in the world, 80% of all internet sites are in English. Toady, a student in Beirut, a businessperson in Hong Kong, or a doctor in Bangladesh can all have access to the same information.

They can share ideas – do research – explore concepts – and express their voices unlike ANY TIME throughout history.

For many, English has became the language of research

The language of ideas and

The language of business.

A basic ability to speak English is the single most important prerequisite in the global marketplace.

For me, I am sometimes frustrated that when I try to practice my broken Arabic that people often say, “speak English it’s better for you.”

In part, they want me to speak English because my Arabic really isn’t that good, and in part, they want me to speak English because THEY want to practice THEIR English.

But just like the student in Solidair – who mimics Rap artists in an attempt to better understand a culture which has become such a large part of his life – my diplomatic colleagues and I are committed to speaking Arabic – Chinese – French – or what ever language will enable us to understand the culture and dynamics of the people with whom we share our lives.

But above all, I think they – and we – simply want to communicate and understand each other better.

American English no longer belongs to America alone but to the world.

As we move forward, the American sponge will continue to absorb and technology will continue to advance, enabling all us to understand each other more easily.

Maybe one day, futuristic simultaneous translations may be our reality enabling us to speak our own languages – it their purest form – while allowing us to be completely understood at the same time.

But until that day arrives, I ask you to continue speaking with each other in whatever language enables you to communicate best and promotes the open sharing of ideas.

And, I promise to keep practicing my Arabic even though it is easier – in Lebanon – for me to speak English.

Thank you With this, I want like to thank Father Fady Fadel and Cynthia Eid for the opportunity to participate in this important discussion and for the opportunity to engage you all in a dialogue of languages.

Thank you.

Allocution de M. Frédéric CLAVIER

M. le Recteur,
Messieurs les Ambassadeurs,
Messieurs les Doyens,
Mesdames, Messieurs,

Quelle place une langue a-t-elle dans l’identité nationale et le dialogue des cultures ?

La langue constitue le vecteur essentiel de l’identité d’une nation. Autant que remonte l’Histoire, le choix d’une langue est un acte politique fondateur pour un pays. La nation n’est en effet pas seulement un territoire, un peuple et des frontières au sens du droit international. Elle n’est pas non plus seulement, comme le rappelait le philosophe et sociologue Ernest Renan au 19ème siècle, un rêve commun défini à partir du grand cimetière de nos ancêtres. La nation est, tout autant, constituée d’un peuple qui partage un même code linguistique, une même forme d’expression, creuset des rêves et de la destinée commune d’un pays.

En France, cet acte de haute politique consistant à donner un socle commun de la langue s’est rencontré très tôt dans la préoccupation des monarques. Lorsque Philippe Auguste gagna, en 1214, la bataille de Bouvines contre les Germains alliés aux Burgondes, il fonde le début du processus de la nation France. Mais il ne se contente pas de cette victoire militaire. Il met aussitôt en place une administration éclairée, formée de légats, chargés expressément de définir des règles communes, à partir d’une langue commune, la langue franque, devenue par la suite française. Plus tard, lorsque le royaume de France sera plus affermi politiquement, que sa base territoriale sera moins contestée, le vecteur de la langue sera à nouveau mis en avant pour fédérer l’ensemble des provinces de France. L’ordonnance de Villers-Cotterêts, voulue et décidée par le Roi François 1er au 16ème siècle, participe pleinement de cette volonté.

Donc, toute langue est au centre de la construction politique d’un Etat souverain au sens du Traité de Westphalie qui, en fondant l’égalité souveraine des Etats, place du même coup les langues nationales d’égalité linguistique. Mais toute langue est également mortelle, et ça nous le savons depuis longtemps. Lorsque Paul Valéry rappelle que toute civilisation est mortelle, il pense d’abord à la chute des Empires, grec, perse, romain ou byzantin. Mais une civilisation ou, plus précisément, une culture, sont aussi mortelles parce qu’elles ne sont plus parlées, comme langue d’échanges, par un groupe homogène. Lorsque la langue n’est plus comprise par un nombre suffisamment significatif d’individus, elle se délite puis meure au sens structural du terme. On peut considérer aujourd’hui que 6.000 langues sont parlées à travers le monde (très largement vernaculaires). Chaque année, une cinquantaine d’entre elles rentrent dans cette marginalité où elles ne correspondent plus à des échanges culturels, commerciaux voire politiques.

C’est en ce sens aussi que la dimension du dialogue des cultures est déterminant. Il ne s’agit pas d’imposer quelque langue qui n’ait pas été pleinement acceptée et intégrée. D’ailleurs, à la base du dialogue des cultures, c’est d’abord le voyage qui en est le vecteur. Parmi les voyageurs arabes, Ibn Battûta nous offre le premier éclairage singulier. Lorsque, au début du XIVème siècle, il quitte le Maroc pour se rendre à la Mecque, il n’en reviendra que 24 ans plus tard. Il sera passé, entre autre, par l’Afrique Orientale, en 1330-1331. Il est surpris des différences de mœurs, des aliments qu’on y mange, des méthodes de gouvernement qui ne sont pas les mêmes. Il apprend les langues des pays qu’il visite. Il les compare avec la sienne. Il interroge, goûte, se fait une opinion. Bien mieux, il accepte l’altérité : il juge, approuve ou désapprouve, mais, surtout, il accepte d’être changé par le regard qu’il porte sur de nouvelles formes de mœurs ou de cultures.

Pour autant, jusqu’où est allée l’interdépendance entre ces deux mondes arabe et africain sub-saharien ? Ce qu’un homme peut faire, un homme comme Ibn Bâttuta, qui puise dans l’altérité un monde d’évolution intérieure, dans le vrai sens du mot latin cambiare, c’est à dire échanger quelque chose contre autre chose, est-ce valable pour les collectivités humaines, pour des sociétés constituées ? L’exemple du royaume de Tombouctou, fondé au XIIème siècle, est à cet égard édifiant. Les rois de Tombouctou (aujourd’hui au Mali) érigèrent entre le 15è et le 16è siècle un grand centre religieux et intellectuel. Le trésor royal, en or, était plus important numérairement que celui des Rois de France. Ces rois africains surent attirer de grands savants arabes, notamment en architecture, et amenèrent à leur Cour des poètes persans. Néanmoins, il est peu certain que l’ensemble des choses se modifia : le mode de gouvernement africain, un forum de consensus basé sur la discussion ouverte à toute la communauté et prise après l’avis du Conseil des anciens, est resté le mode traditionnel de décision. Le droit coutumier l’a toujours emporté sur la codification et les textes juridiques, à l’inverse du monde arabe. En dehors de quelques cités, les grandes traductions orales des textes grecs d’Aristote sont quasiment inconnues. Il sera donc intéressant de se pencher sur les causes des différentiels existants entre dialogue des individus et dialogue des collectivités, l’un n’entraînant pas utilement l’autre.
Pour autant, le dialogue est l’inverse de la tolérance. Les sociétés occidentales se réfèrent souvent au terme de tolérance, entendu comme une matrice politique et socio-religieuse. Le mot latin « tolerare » signifie, dans son acception pleine et entière, de supporter quelque chose que l’on estime injuste ou inexact. Tolérer, implique donc l’acception de l’autre, mais sans engager de discussion, en refusant l’altérité, sans prendre le risque d’être transformé par l’autre.

La traduction politique, dans l’ordonnancement de la cité, est donc la communauté, au risque du communautarisme, comme contrat de société. Les communautés se côtoient sans se connaître ; elles s’acceptent, pour autant qu’aucune d’entre elles n’empiète sur le champ des compétences des autres. C’est l’inverse de la Res publica des Romains où, par le dialogue, l’on invente un futur commun, un projet politique où chaque communauté doit négocier, transiger et, dans un socle commun, trouver la garantie de son prolongement existentiel.

En ce sens, la Francophonie, par les vecteurs qu’elle porte en elle, intensifie la mécanique du dialogue. Son message d’écoute et de respect des autres civilisations, y compris les plus délaissées, ce que l’on dénomme aujourd’hui les cultures premières, lui donne cette capacité à être un passeur, un trait d’union entre cultures. L’écrivain malien Hampate Bâ, rêvait peut-être en langue bambara, mais il écrivait ses chefs d’œuvre en français. Par là même, et dans un suprême paradoxe, c’est en écrivant en français qu’il contribuera à mieux faire connaître, et défendre, la richesse de la culture malienne.

Dialogue, culture, coopération, voici le triptyque sur lequel doit s’asseoir toute civilisation qui veut se prolonger dans le monde multipolaire du temps présent.

Ces langues dont nous parlons, elles ne doivent pas néanmoins rester dans un carcan aux règles strictes qui les rendent hermétiques à l’autre et même, parfois, à ceux qui en ont l’usage commun. Fénelon nous le dit dans les premières années du 18ème siècle, en 1714 très précisément. Lorsqu’il écrit ses « Réflexions sur la grammaire, la rhétorique, la poétique et l’Histoire », dénommé lettre à l’Académie française, il exhorte les académiciens à ne pas craindre l’apport extérieur comme la voile ne craint pas le vent. Il rappelle opportunément que la langue latine a emprunté au grec, que le français a emprunté à la langue anglaise et vice-versa.

Cicéron, quoique très scrupuleux sur la pureté de la langue, emploie librement les mots grecs dont il a besoin (De finibus, Academia). L’argument sera repris par le poète Joachim du Bellay dans « Défense et illustration de la langue française ». « Prenons de tous côtés ce qu’il nous faut, pour rendre notre langue plus claire, plus précise et plus harmonieuse. Toute circonlocution affaiblit le discours ». Ce qui paraît décisif à Fénelon, c’est que l’emprunt fait à une autre langue ne se superpose pas à la structure linguistique déjà existante mais qu’elle latinise ou francise le mot d’emprunt, c’est à dire lui donne une compréhension pour la langue d’emprunt. Il me semble que, depuis Fénelon, les choses n’ont guère changé, le mouvement, du fait d’une circulation plus élargie et plus rapide des idées et des langues, s’est seulement amplifié.

Cette capacité d’absorption d’autres langues, le Liban est un exemple très singulier et particulièrement remarquable. Le pays est, depuis longtemps déjà, à partir de son socle arabophone, en correspondance avec d’autres langues, le français et l’anglais principalement, qui sont également constitutifs de son identité. En ce sens, le Liban est un exemple remarquable de tri-linguisme et il me paraît préfigurer, avec l’avance éducationnelle qui est la sienne, des mouvements linguistiques ultérieurs dans la zone. La langue française progresse avec un arc d’apprentissage qui repart du Caire et qui va jusqu’aux pays du Golfe, en passant par le Liban et la Syrie.

Cet intérêt manifesté l’est pour plusieurs raisons mais, pour rester sur le terrain de l’éducation, il l’est parce que l’apprentissage de la langue s’adosse sur des structures de premier et deuxième cycle scolaires remarquables, qui en font des établissements d’excellence formant des élites nationales. Cet apprentissage se fait enfin parce que la réussite des enfants passe, entre autre, par la maîtrise de cette langue. Je suis convaincu que la maîtrise pluri-linguistique est un atout bien plus considérable dans notre monde en mouvement que la réduction de la pensée et de la culture à une ou deux langues majeures. D’ailleurs, Georges Dumézil, lorsqu’il étudiait les langues sémitiques disparues depuis 2000 ans, rappelait que leur connaissance permet de mieux éclairer l’avenir et d’engager des choix politiques mieux fondés. En ce sens d’ailleurs, l’anglais et le français, peut-être un jour l’espagnol, sont les seules langues que l’on apprenne partout à travers le monde. Ce sont les seules à connaître une expansion quantitative réelle car elles constituent ce lien fondamental entre des sociétés et des individus d’origine diverse. En un mot, elles sont les seules, à ce jour, à constituer une ouverture sur le monde avec, pour le français, une dimension de rigueur conceptuelle et de critique intérieure qui, en introduisant le doute comme méthode de travail, libère la pensée et lui donne toute sa dimension créatrice. La langue française, en ce sens, doit à la fois rester une langue de culture mais aussi de progrès. Car cette langue, qui plonge ses racines dans la nuit des temps, s’est sans cesse renouvelée pour offrir aux êtres humains le don de bâtir des sociétés plus justes, plus pacifiques et plus stables, d’abord rêvées puis créées par les formes politiques de peuples éclairés par leurs élites. Voici le message de l’universalité auquel nous sommes tous promis.

Je vous remercie de votre aimable attention