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Allocution du P. Fady FADEL
Secrétaire Général de l’Université Antonine
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur,
Honorables invités,
Mesdames et messieurs.
Au nom du P. Recteur Antoine RAJEH, en déplacement à l’étranger, je vous souhaite la bienvenue à cet évènement cher qu’est la signature de l’accord cadre de coopération internationale entre l’Université Antonine et la conférence des doyens et directeurs d’unités de formation et de recherches en sciences et techniques des activités physiques et sportives de France représentée en la personne de son Président Monsieur le Professeur Jean BERTSCH et du Chargé des Relations Internationales M. Raphaël MASSARELLI.
Si les origines du sport et de l’activité physique remontent très loin dans le temps, les témoignages et les illustrations faites par les Egyptiens de certaines pratiques sportives dont la lutte, le combat, la gymnastique et bien d’autres, ne semblent pas très éloignées des pratiques sportives modernes. Les préférences selon le genre restent désormais les mêmes : les sports comme la lutte, la boxe étaient pratiqués par les hommes et par les garçons, les femmes préférant plutôt la gymnastique et la danse.
Le sport qui a été longtemps lié au culte du corps et du bien-être reste pour la plupart une épopée contemporaine.
Mais la période actuelle est marquée par des transformations radicales des formes traditionnelles de l’approche sportive et de l’activité physique. Selon Le Breton, divers auteurs prétendent que le corps est un vecteur de relation avec le monde. Cette idée fait du corps un lieu d’expression des sentiments, de la mise en scène de l’apparence ou encore de la relation au plaisir ou même à la souffrance.
Désenchanté par trop d’investissement dans les valeurs industrielles de l’effort, le mythe du héros se régénère par un retour au symbolisme et à d’autres dimensions de la vie culturelle. Ces dimensions apparaissent dans les évènements sportifs compétitifs lors de la mise en place des cérémonies d’ouverture des jeux olympiques ou mondiales - de football par exemple prochainement - faisant appel à du spectacle dansé, des acrobaties et une gestion harmonieuse du mouvement et de l’esprit.
À ce titre, la formation en activité physique et sportive emprunte présentement la voie privilégiée des différentes disciplines scientifiques en rapport avec les sciences de la nature, les sciences humaines et les sciences sociales pour orienter le discours traditionnel et l’intégrer dans la sociologie, la biologie, l’anthropologie du sport, du corps et des langages corporels ; l’intégrer aussi dans les théories du management interculturel, de la gestion des ressources humaines, du management stratégique appuyé sur l’analyse des comportements et de la consommation des loisirs.
Dépassant la vision réductionniste limitée, la nouvelle approche de l’activité physique et sportive surmonte les bornes de la performance physique pour s’inscrire dans une approche plus intégrale dite de sciences du sport et de l’activité physique. En effet, les recherches en APS posent des questions très diverses ayant recours à la recherche fondamentale mais aussi à la recherche appliquée. Ce courant actuel souligne d’emblée la nécessité d’une mise en perspective globale des phénomènes lorsqu’il s’agit d’optimaliser une activité complexe qui demande à la fois de la force, des capacités de coordination, une motivation élevée et des prises de décision rapides. Un paramètre biologique donné n’est plus un indicateur unique mais plutôt un facteur parmi tant d’autres en interaction avec les dimensions de la personnalité, avec la signification sociale, médiatique voire économique des enjeux compétitifs.
Ainsi tout en sollicitant l’analyse de problématique spécifique, la pratique sportive et l’activité physique demandent une perspective interdisciplinaire et même pluridisciplinaire pour mettre les paramètres en contexte et tenir compte des conditions de leur expression, via le développement de travaux scientifiques en Sciences de la Vie et de la Santé, en Sciences de l’Ingénierie mais aussi en Sciences Humaines et Sociales.
Compte tenu de ces perspectives et du potentiel de formation qui nous est disponible, la stratégie de formation à l’Université Antonine s’est structurée autour d’une ouverture à l’international à travers la recherche d’une coopération européenne avec des partenaires réputés pouvant renforcer les compétences humaines et matérielles de notre jeune université. Kofi ANNAN disait en Septembre 2001 devant l’Assemblée Générale des Nations Unies : « La seule voie qui offre quelque espoir d'un avenir meilleur pour toute l'humanité est celle de la coopération et du partenariat ».
Partant de ces principes, en 2002 l’Université antonine a obtenu le support érudit de l’Université Claude Bernard – Lyon 1.
De 2002 et jusqu’en 2004, l’Institut d’Éducation Physique et Sportive de l’UPA a procédé, avec le soutien de ce précieux partenaire, à l’harmonisation des contenus de formation tout en respectant les identités professionnelles nationales et les différences de conception et d’organisation des formations.
Consciente de l’importance de cette restructuration du savoir sportif et de l’activité physique autour de l’axe social, sanitaire et humain, l’Université Antonine a organisé en 2004, le premier colloque international au Liban en Éducation Physique et Sportive qui fut couronné le 11 mai 2004 par un accord cadre de coopération bilatérale avec l’Université Claude Bernard – Lyon 1 visant la mise en place d’un réseau durable et solide de partenariat dans la formation académique, notamment dans la formation diplômante de base.
Ces prémices de coopération ne tarderont pas à voir naître les premiers fruits de cet amalgame d’expertise : après le succès de la réforme instaurée dans le programme de la Licence d’enseignement (Bac +4), l’UPA, en partenariat avec l’Université Claude bernard, l’Université de turin et l’Université de Bruxelles, met en place le Diplôme Universitaire Européen de Préparation Physique (DUEPP), premier programme professionnalisant en APS au Liban. Une première promotion d’étudiants est déjà diplômée, une autre se prépare actuellement.
Cette expérience, étant réussie, a préparé la mise en place d’un Master recherche en Sciences du Sport, option Physiologie. Ce diplôme de 2ème cycle a ouvert le chemin à nos étudiants vers des études de 3ème cycle dans les universités partenaires ; 3 de nos étudiants sont actuellement des doctorants à l’Université Claude Bernard – Lyon 1, d’autres y seront prochainement à l’Université de Valenciennes et du Hainaut Cambrésis et à l’Université de Bourgogne en France.
Dans ce contexte de formation qui se veut à la fois académique et professionnel et au vu de la réussite du parcours antonin dans les formations initiales hautement apprécié par le comité d’experts du 2ème colloque international en Éducation Physique et Sportive qui a eu lieu ici même, la semaine dernière, c’est dans ce sillage qui a fait preuve de visibilité que voit le jour présentement ce projet ambitieux d’élaboration d’un programme d’École Doctorale en Sciences du Sport et de l’Activité Physique.
C’est le moment d’acquérir une démarche rigoureuse scientifique afin de renforcer l’itinéraire académique de nos étudiants et d’appuyer leur formation par une tendance adoptive de notre part, pour les intégrer dans une unité de recherche leur permettant le plein essor dans leur élan.
En effet, le Conseil de l’UPA, tenant compte des recommandations du colloque prononcé récemment par les experts venant de l’ensemble du globe terrestre, se mobilisera par les moyens qui sont à sa disposition pour soutenir le programme de cette École Doctorale méditerranéenne à travers la mise en place de cotutelle pour l’encadrement des thésards et d’un laboratoire de recherche pluridisciplinaire où les travaux se feront à partir d’un caractère de juxtaposition des richesses de plusieurs disciplines, créant par ce fait même ce que l’on appelle communément « la masse critique ».
Cette orientation aventureuse dans le domaine de la recherche n’est de notre part qu’une forme de soucis quant à l’éparpillement et le saupoudrage de nos jeunes qui sont contraints à poursuivre leurs aspirations en dehors des frontières nationales. À cet effet, et pour concrétiser notre promesse, l’Université Antonine s’engage à assurer à ces innovateurs des postes d’ATER, Attaché Temporaire pour l’Enseignement et la Recherche, et par la suite des postes d’enseignants-chercheurs au sein de nos unités universitaires suite à leur soutenance de thèses dans les universités d’accueil.
Mesdames et Messieurs,
Il est vrai que des promesses de la sorte remontent d’un cadre enchanteur mais l’UPA a fait preuve jusqu’à présent de la part de sérieux dans ses ambitions. Tout n’est pas fini à ce point, c’est une affaire à suivre. Nous vous donnons rendez-vous l’année prochaine ou celle d’après pour un bilan exhaustif des résultats de recherche. William James disait : « L'action n'apporte pas toujours le bonheur, mais il n'y pas de bonheur sans action ».
Pour l’instant jouissons de cet évènement porteur d’actions, qui est une pierre angulaire dans l’édifice grandiose que nous souhaitons de notre université.
Merci de votre attention et courage pour le nouveau partenariat méditerranéen et transnational.
Allocution de M. Raphaël MASSARELLI
Chargé des Relations Internationales auprès de la Conférence Française
des Doyens/Directeurs des UFR STAPS
Excellence
Monsieur le Président
Monsieur le Secrétaire Général
Mesdames et Messieurs
Les Universités Lyonnaises ont de longue date développé et entretenu des rapports constructifs avec le Liban dans la formation des cadres du pays. Ce contexte vaut la peine d’être précisé en considération de la facilité avec laquelle nos institutions ont accepté de collaborer dans des projets qui ont conduit à la cérémonie d’aujourd’hui.
L’Université Claude Bernard LYON 1 et la Faculté de Sciences du Sport ou UFR STAPS, que j’ai l’honneur de diriger, entretenons une collaboration avec l’Université Antonine qui, grâce au dynamisme libanais et du Secrétaire Général en particulier, semble perdurer depuis des longues années au vu des progrès que nous avons pu accomplir.
Il s’agit, Excellence, de faits qu’avec votre permission j’aimerais rappeler afin d’expliquer le chemin parcouru qui nous a conduit à cette journée et aux accords qui seront signées tantôt entre la Conférence des Directeur STAPS de France, en la personne de son Président le Pr Jean Bertsch, et par l’Université Antonine, en la personne de son Secrétaire Général Fady FADEL.
Il faut tout d’abord préciser que nos relations ont débutées en 2004. Deux ans. Seulement deux ans. Que de chemin parcouru.
Premièrement, et selon la demande de Fady Fadel, nous avons aidé au développement de la formation des premières années de la faculté de Sport,
Deuxièmement cela nous a conduit à établir une Master en Sciences du Sport, à l’Université Antonine
Troisièmement Comme cela sera expliqué par le Président Bertsch, des projets d’internationalisation de ces formations seront mis en œuvre.
Quatrièmement, au vu des l’importance que nos Institutions donnent à la professionnalisation et en prélude à la venue de la Conférence des Directeurs STAPS ici, notre UFR lyonnaise a exporté un Diplôme Universitaire Européen de Préparateur Physique devenu à l’Université Antonine Diplôme Européen Professionnel de Préparateur Physique. Il faut mentionner que outre Antonine et Lyon ce Diplôme est aussi délivré par les Université de Bruxelles (Libre), Lausanne et Turin.
Cinquièmement nous ouvrons cet après midi un nouveau volet d’internationalisation comme cela sera explique par le Président Bertsch.
Connaissant la force, le dynamisme et l’inventivité des Libanais, qui dit chemin parcouru, ne sous entend absolument pas un arrêt de développement. Ainsi sixièmement, Lyon I s’emploiera activement dans l’établissement de laboratoires pluri et interdisciplinaires à l’Université Antonine afin de démarrer une recherche que nous ambitionnons moderne et originelle.
Ces accords préludent au développement du réseau Euro Méditerranéen en Sciences du Sport dont la nature et la finalité vous seront exposées par le Président Bertsch.
Je voudrais terminer, Excellence, Cher amis, en partageant avec vous l’assurance que ce que nous avons accompli n’est qu’un petit début, mais ce n’était pas Polybe qui disait que Le commencement est la moitié du tout ?
« Tous nous sommes venus au monde sans volonté et sans savoir, mais nous sommes venus pour que la volonté et le savoir soient » disait Feuerbach dans son Essence du Christianisme. Le chemin de nos entreprises sera long, probablement difficile et semé d’embouches, mais j’ai confiance dans la réussite de nos projets et, en ce qui me concerne, j’en ai la volonté.
Je vous remercie de votre attention
Allocution de M. Jean BERTSCH
Président de la Conférence Française des Doyens/Directeurs des UFR STAPS
Votre excellence Monsieur le directeur général de l’enseignement supérieur
Monsieur le recteur
Monsieur l’attaché culturel
Madame l’attachée de coopération éducative à l’ambassade de France
Monsieur le secrétaire général de l’université antonine
Mesdames et messieurs les directeurs
Chers amis de la France et du Liban
Je suis particulièrement heureux et honoré d’être ici aujourd’hui pour procéder devant vous à la ratification de cet accord franco-libanais unissant la conférence française des doyens en Sciences du Sport et l’université antonine de beyrouth.
Comme l’a dit Raphæl Massarelli dans son propos, cette signature va concrétiser des liens forts et déjà anciens que certaines universités françaises et libanaises ont tissés dans le passé, je pense notamment à l’UCBL Lyon 1 et à l’Université Antonine. C’est dire qu’une dynamique s’est créée et que notre but aujourd’hui est de l’amplifier.
Lorsque je m’étais moi-même rendu au Nord-Liban en 2004, à l’Université de Balamand qui est en conventionnement avec ma propre université, Paris 11, je m’étais déjà rendu compte que la volonté scientifique du Liban de se rapprocher d’autres pays existait, que celle d’enrichir ce tissu relationnel exigeait de densifier le réseau des universités impliquées entre les 2 pays, que celle de déployer des efforts communs de recherche nécessitait des protocoles élaborés et plus nombreux. Mais comme souvent, en la circonstance, les déclarations d’intention et les bonnes volontés se heurtent souvent au principe de réalité, aux difficultés d’argent, au temps qui fait toujours défaut. Bref cela ne suffit pas. Il faut alors une volonté sans faille, hors du commun, un sens politique et diplomatique aiguisé, un esprit pionnier et déclencheur, qui, contre vents et marées poursuit l’idée, lui donne corps, va, vient, ordonne les choses, les structure et rassemble. Le gouvernement libanais a facilité ces relations et au final cette volonté a existé en un homme à qui je veux rendre un hommage tout particulier ce soir, le secrétaire général de l’université antonine Fadhi Fadel. Monsieur le Secrétaire général, cher Fadhi, votre opiniâtreté, votre ténacité sont aujourd’hui récompensées. Vous avez trouvé en la conférence des directeurs français l’interlocuteur idoine, et R. Massarelli, chargé des relations internationales auprès de moi, a parfaitement relayé votre volonté politique sans faille de placer l’université antonine et au-delà toute la communauté libanaise en sciences du sport sur la voie de l’ouverture et de la coopération internationales.
Certes, il y a encore beaucoup de chemin à faire pour amener toutes les universités libanaises à nous rejoindre au sein du vaste réseau euro méditerranéen en sciences du sport dont je suis le promoteur –nous y reviendrons tout à l’heure- et je vous inviterai pour cela à réfléchir à vous regrouper sous une forme de conférence des universités qui serait l’interlocuteur naturel de la conférence française, particulièrement rodée et structurée sur ce registre. Certes, il faudra du temps pour cela, il ne s’agit évidemment pas d’une condition suspensive sine qua non, et de subordonner la suite e nos travaux à cette structuration ; mais je reste convaincu que cette forme de regroupement présente de très nombreux avantages dans la force et la représentativité qu’elle assure, en interne, comme à l’étranger.
A terme, cette conférence libanaise ou toute forme de structuration allant dans le sens de rassembler et de mutualiser les volontés politiques universitaires au Liban deviendra l’interlocuteur naturel des autres conférences nationales du même type.
Cette même démarche, je l’ai proposée à d’autres pays du sud qui l’ont adoptée et mise en œuvre : la Tunisie en septembre 2004 avec qui nous avons signé un protocole d‘accord-cadre lors du 1° séminaire franco-tunisien à Hammamet ; j’en profite pour signaler la présence d’une ressortissante de la Tunisie ce soir à notre signature protocolaire, Madame Sioud, à qui je demande de bien vouloir retraduire à son pays l’intérêt du travail effectué ici au Liban entre la France et le pays du cèdre et à persuader mon ami, Abdallah Kaabi, le ministre des sports de son pays, de l’obligation morale pour la Tunisie de se joindre à nous avec une efficacité renouvelée ; l’Algérie avec laquelle nous avons signé un accord-cadre en décembre 2004 à Alger avec les soutiens pleins et entiers des Ministres de l’Education Nationale et des Sports et qui s’est dotée d’une conférence algérienne des directeurs; Le Portugal qui a créé sa propre conférence nationale, toujours sous notre impulsion, en mai 2005 à Rio Mayor ; le gouvernement de la région autonome de Madère en novembre 2005 ; La Bosnie et la Serbie respectivement en mars 2004 et en janvier 2005 ; et cela sera bientôt le tour du Maroc, avec la création d’une conférence marocaine en novembre 2006 à Marrakech. Et ainsi de suite, pays après pays.
Vous le voyez la C3D française, par delà les liens conventionnels d‘université à université qu’elle installe et ratifie, contribue à favoriser l’émergence de relations nord-sud, nord-est, nord-ouest, et bientôt, nous l’espérons est-ouest, dans cette zone méditerranéenne si riche et historiquement si fertile en liens et traditions communes.
Sous votre impulsion, devant vous mesdames et messieurs, le Liban s’engage résolument avec nous dans cette voie et vous me permettrez d’afficher toute ma satisfaction de voir ce processus entamé. Soyez en vivement félicités et remerciés.
Car le mouvement est en marche et il ne va pas s’arrêter là. Il faut d’ores et déjà imaginer ces relations bilatérales et en étoile atour de la Méditerranée. Vous le savez, j’ai présidé jusqu’en septembre 2005 aux destinées du réseau européen en sciences du sport, pour l’éducation et pour l’emploi, instrument politique majeur d’un ensemble paradoxalement plutôt pauvre en vraies relations. Certes l’idée de l’Europe est une idée fantastique et il faut absolument tout faire pour lui donner corps, mais force est de constater qu’aujourd’hui, dans le domaine des sciences du sport, l’ignorance, la méconnaissance mutuelles au sein de l’UE sont bien grandes. Malheureusement, l’Europe des relations scientifiques n’est pas encore consubstantielle de l’Europe politique. Ou inversement. Il faudra du temps. Or, si l’Europe est une construction politique et fonctionnelle souvent difficile, l’espace autour de la méditerranée constitue lui un vecteur historique d’échanges naturels entre des pays habitués dans l’histoire à échanger, se connaître, se combattre par moments, se rencontrer, depuis des millénaires, avec des pans entiers de cultures communes.
De Massilia à Carthage, des Egypiens aux Assyriens, des Romains aux Nabathéens, de Tyr à Smyrne et j’en passe, les peuples méditerranéens se sont toujours rapprochés, ne serait que pour les échanges commerciaux. Nous allons reprendre cette voie originale et sur le modèle de nos anciens, créer un réseau d’échanges, initialiser dans notre domaine un réseau euromed en sciences du sport et de l’activité physique, promoteurs de formations, de recherche et véhicule de l’hygiène de vie et de santé qu’apportent le sport et l’activité physique. Il verra le jour les 25 et 26 avril 2007 à Tunis, et ces jours là la capitale de la Tunisie nous accueillera en sa Cité des Sciences pour officialiser la naissance de ce géant. Il sera francophone, arabophone, anglophone, dans l’ordre.
Rendez-vous compte : 23 pays, depuis le Portugal, jusqu’à la Turquie, du Liban au Maroc, de Chypre à Paris, de Rome à Sarajevo. Ce réseau se structurera lors de la 1° rencontre de Tunis et je proposerai aux délégués des 23 pays que le Liban, partenaire clé de sa création, en soit aussi l’un des décideurs clés au travers d’un poste hautement stratégique, puis d’ores et déjà puisse se positionner pour accueillir à Beyrouth en 2008 la 2° rencontre annuelle. En France, évidemment ce réseau aura le soutien du Ministre des Sports et le Président de l’UMP, Nicolas Sarkozy dont je suis par ailleurs un proche collaborateur pour le domaine du sport et de l’AP soutiendra ce projet. Vous connaissez sa passion et sa détermination pour le sport. Il les a réitérées lors de la très récente convention sur le sport à Paris la semaine dernière.
Il ne s’agit évidemment pas de créer un réseau supplémentaire, pour le plaisir de créer quelque chose de nouveau, encore ;…il va plutôt falloir lui donner des contenus, des objectifs… Et c’est là que le protocole officiel franco-libanais que nous signons aujourd’hui prend tout son sens, tout son poids.
En fait, dans une sainte institution, je vais plagier un pasteur Martin Luther King et dire que je fais, non pas un, mais trois rêves…..
Le premier c’est de parvenir à l’accessibilité, la porosité puis la diffusion et enfin l’harmonisation des contenus en sciences du sport entre un maximum de ces pays, au minimum tous ceux qui ont adhéré à la charte de Bologne ou ceux qui ont accepté les principes fondateurs de cette déclaration. Pour cela, nous sommes en voie de finalisation de l’Université Virtuelle en sciences du sport qui sera inaugurée avec le soutien et en présence de Gilles de Robien le 27 janvier 2007. Elle permettra la mise en ligne de contenus validés en SS en direction des pays francophones qui le souhaiteront et qui adhéreront à l’UV2S. Imaginez un instant : un clic, moins de 5 euros par étudiant et par an et un accès illimité à des connaissances quasiment en nombre illimité.
Le deuxième rêve, c’est la création d’un master international en SS. R. Massarelli l’a rapidement évoqué. Il existe déjà par bribes. Ses prémisses existent. La France, le Liban en ont esquissé les contours, la Tunisie et la France aussi. Il faut s’appuyer sur ces expériences, les élargir et proposer à d’autres de nous rejoindre et offrir à nos étudiants l’accès à ce diplôme inouï jusqu’ici. Euromed c’est cela.
Le troisième enfin, c’est de faciliter les doctorats en co-tutelle avec un mot d’ordre : plus aucun doctorat non financé et hors de co-tutelles.
Dans quelques minutes, nous allons parapher cet accord cadre créant notamment une ED franco-libanaise. Les ED aujourd’hui doivent faire éclater les frontières et faire éclater le sens monolithique de cet axe nord-sud, empreint chez certains d’un nostalgisme colonial assez désuet. Il faut installer des relations bilatérales autres, que Euromed Sport permettra, si le réseau est construit selon cette conception.
Vous le voyez Mesdames et messieurs, nous ne manquons ni d’idées, ni de courage, ni d’ambition, ni de ce grain de folie qui permet la création de grandes choses.
Merci au Liban, merci à Antonine de s’être résolument rangé derrière cette ambition et derrière cette bannière, de croire à ce qui n’est pas encore tout à fait une réalité mais déjà plus une chimère. Merci à vous tous d’être les témoins de cette utopie. J’emploie à escient ce terme d’utopie. Comme Jean-Jacques Rousseau, j’aime le mot utopie. Il permet de croire que tout est possible me^me quand rien ne semble possible.
Merci aux autorités libanaises et françaises de s’associer et de tout mettre en œuvre pour nous aider dans notre démarche pour aider au financement de cette initiative incomparable.
Place au rêve, place aux utopies, place à une euro méditerranée amie, efficace, constructive, ambitieuse, déterminée, rassemblée. Que ce multi culturalité, cette multi confessionnalité nous inspirent ; Qui peut mieux que le Liban en être le premier témoin et le premier acteur ?
Je vous remercie.
Allocution de Mme françoise weiss
Attachée de coopération éducative a l’ambassade de france
Monsieur le directeur general de l’enseignement superieur,
Reverend pere recteur,
Monsieur le secretaire general de l’universite antonine,
Monsieur le president de la conference française des directeurs des ufr staps,
Monsieur le charge des relations internationales aupres de la conference françaises des directeurs des ufr staps,
mesdames, messieurs,
Chers amis,
En tout premier lieu, je tiens a vous dire l’immense plaisir et la tres grande satisfaction que j’eprouve a vous retrouver ici a l’universite antonine une semaine seulement apres votre second colloque international sur la recherche en sciences du sport et a l’occasion de la signature d’un accord-cadre entre votre etablissement d’enseignement superieur et la conference françaises des ufr staps de france.
plaisir, satisfaction mais aussi fierte de constater que la collaboration entre l’ambassade et l’upa qui vise a consolider et a ameliorer en permanence la qualite des enseignements dispenses se concretise, une fois de plus, dans un accord qui fonde et structure la recherche et les echanges entre nos 2 pays dans un domaine particulierement pointu, les sciences et les techniques des activites physiques et sportives.
cette œuvre commune, offrir des formations d’excellence a la jeunesse libanaise, ne peut que donner confiance a cette deniere, confiance dans un avenir dont les contours sont en train de se dessiner aux plus hauts niveaux de l’etat.
je m’arreterai quelques instants sur cet objectif de cooperation qui ne manque pas d’etre singulier, accompagner le developpement d’une ecole doctorale en sciences du sport. Pour quelles raisons l’ambassade de france est-elle tant attachee a ce secteur de cooperation universitaire ?
- Tout d’abord, c’est une evidence, chaque ambassade est tenue de promouvoir les domaines d’excellence de l’expertise francaise.
- Par ailleurs, le service de cooperation et d’action culturelle est a l’ecoute de tous les projets innovants et votre universite, pere recteur, se demarque souvent des autres universites libanaises par sa capacite a explorer des champs nouveaux et par sa volonte, sans cesse affirmee, de monter, en collaboration avec l’ambassade, des projets structurants pour mieux garantir l’acces a la recherche fondamentale et faciliter l’integration des etudiants au marche de l’emploi.
ainsi, dans le domaine des staps, les annees 2004, 2005 et 2006 auront-elles ete particulierement riches pour l’upa, confirmant ainsi la reputation globale d’excellence academique de votre etablissement d’enseignement superieur.
le colloque de la semaine derniere sur la recherche en sciences du sport a rassemble le nec plus ultra des chercheurs libanais, europeens et internationaux. En signant aujourd’hui cette convention avec la conference francaise des directeurs des ufr staps, l’upa, une fois de plus, non seulement contribue au resserrement de la communaute des staps mais aussi travaille a ancrer les universites libanaises dans le paysage universitaire mediterraneen mais aussi mondial.
le ministre français de l’education nationale, de l’enseignement superieur et de la recherche, gilles de robien, rappelait, lors de sa visite de la semaine derniere, combien la france etait attachee a susciter, a accompagner le developpement des ecoles doctorales point d’orgue de notre objectif commun, former des elites libanaises capables d’assumer la mission qui leur est naturellement devolue en matiere de production et de diffusion des savoirs. Je me permettrai de citer une phrase cle du discours de gilles de robien le 31 mai dernier : « dans la competition mondiale des savoirs et de l’innovation, il est vital de federer les energies pour conforter la puissance de la recherche ».
c’est pourquoi, l’ambassade formule des vœux pour que ce mouvement, cette synergie internationale que l’upa et la conference francaise des directeurs des ufr staps s’emploient a concretiser en creant des partenariats comme celui qui voit le jour aujourd’hui ait un effet catalyseur aupres des autres universites libanaises qui accueillent, en leur sein, des formations staps.
l’ambassade de france tient tout particulierement, pere recteur, a louer votre preoccupation constante pour l’innovation. Signant hier des accords inter-etablissements avec des universites europeennes, vous devenez aujourd’hui le 4eme signataire d’un accord-cadre donnant a cet evenement une telle touche d’enthousiasme qu’elle ne devrait pas manquer de rallier tres rapidement, et nous le souhaitons, vos collegues d’autres institutions.
d’ores et deja, le soutien plein et entier de l’ ambassade de france vous est acquis dans la mise en œuvre de cette nouvelle dynamique dans un domaine ou, depuis 1999, le service de cooperation et d’action culturelle n’a cesse de vous appuyer. Anne ricordel dont je salue au passage le travail de coordination est la cheville ouvriere de cet appui permanent a la formation des futurs enseignants d’education physique et sportive mais aussi, plus largement, au developpement des formations liees aux metiers du sport.
ce nouveau volet ne peut que trouver aupres de l’ambassade un echo favorable, echo d’autant plus favorable que la professionnalisation des metiers du sport preoccupe, au liban, autant le ministre de l’education et de l’enseignement superieur que le ministre de la jeunesse et des sports. Ainsi, la formation initiale des cadres dans le secteur du sport figurera-t-elle en bonne place dans l’accord-cadre qui sera signe, debut juillet, entre la france et le ministre fatfat.
comme vous pouvez le constatez, partenariat, resserrement des liens, synergie, echanges, articulation sont les maitres-mots de notre cooperation bilaterale et de cette collaboration etroite et confiante construite au fil des annees entre l’upa et l’ambassade.
nous, vous ajoutez aujourd’hui une pierre supplementaire a cet edifice, soyez-en tous et toutes vivement remercies.
Allocution de S.E.Dr. Ahmad JAMMAL
Directeur Général de l’Enseignement Supérieur au Liban
Mesdames et Messieurs,
Avec la signature de cet accord-cadre vers la création d’une école doctorale méditerranéenne en sciences du sport et de l’activité physique, l’Université Antonine fait un pas en avant pour la valorisation du système d’enseignement supérieur au Liban.
En effet cet accord est l’un de quelques efforts faits par des établissements d’enseignement supérieur libanais pour favoriser l’évolution de la formation par la recherche, et qui permet de placer ces établissements dans le cadre européen puis mondial.
Quelqu’un a dit : « L’Université sans recherche est comme l’arbre sans fruit ». L’évolution des établissements d’enseignement supérieur nécessite un engagement de leur part pour développer la recherche.
Et dans un petit pays comme le nôtre, riche par ses ressources et ses compétences humaines, la recherche a besoin de fédération au niveau national pour la création des centres spécialisés où plusieurs établissements travailleront ensemble. C’est la tendance au niveau de l’Europe, et on parle maintenant des centres européens de recherche. Car, comme vous le savez tous, la recherche a besoin de moyens énormes.
Mesdames et Messieurs,
Nous n’avons pas de problème au niveau des chercheurs au Liban. J’ai eu l’occasion, il y a quelques jours pendant le 10ème anniversaire du programme CEDRE entre le Liban et la France, d’assister aux projets de recherche où des équipes du CNRS libanais, de l’AUB, du BAU et de l’UL travaillent ensemble.
Mon rêve est de voir plus de collaboration entre les établissements au Liban et des accords-cadres, comme ce qu’on vient de signer aujourd’hui.
Enfin, je transmets mes félicitations pour l’UPA pour cet accord qui ajoute une page de fierté dans le registre de nos établissements d’enseignement supérieur libanais.
Vive l’Université Antonine
Vive la coopération franco-libanaise
Vive le Liban
Et Merci.
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