Activités
Sportives
 
   
 
 
 
 
 
 

 
   
 
Cérémonie d’hommage dédiée à M. Frédéric CLAVIER





cliquer pour visiter sa page personnelle

 

L’Université Antonine
&
Le Secrétariat Général
des Écoles Catholiques au Liban

ont le plaisir de vous inviter

à la cérémonie d’hommage dédiée à

M. Frédéric CLAVIER

Directeur de la Mission Culturelle Française
Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle
Ambassade de France
2002-2006

Date : Lundi 26 juin 2006 à 19h00
Lieu : Université Antonine, Salle Louis Rohban, Hadath-Baabda

 

Au Programme 

Allocution du R.P. Fady FADEL
Secrétaire Général de l’Université Antonine

Allocution du R.P. Antoine RAJEH
Recteur de l’Université Antonine

Allocution du R.P. Marwan TABET
Secrétaire Général des Écoles Catholiques au Liban

Allocution de M. Frédéric CLAVIER

Présentation de la cérémonie : Mlle Cynthia EID,
Responsable-Pôle du Centre de Langues et de Ressources à l’Université Antonine

 

La cérémonie est suivie d’un vin d’honneur

 

Prière de confirmer votre présence

 


 






 

Allocution de Mlle Cynthia EID
Responsable-Pôle du Centre de Langues et de Ressources (CLER)


Excellences, Révérendes sœurs  Révérends Pères, 
Mesdames et Messieurs,
Honorables invités, Chers amis,

Notre réunion ce soir à la salle Louis ROHBAN est exceptionnelle. Nous sommes là pour honorer M. Frédéric CLAVIER, Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle à l’Ambassade de France et l’un des piliers de la Francophonie ambulante. Depuis quatre ans, nous vous avons connu bien cher Frédéric, très éloquent, dévoué pour prêcher la Francophonie et prêt à soutenir tous nos projets mettant la Langue Française dans le quotidien de nos intérêts.

Ce soir, je ne chercherai guère les mots résonnants mais les mots du cœur, ceux de la reconnaissance pour votre personne, pour ce que vous êtes, ceux qui témoignent du lien fort qui s’est tissé entre la famille Antonine, les Écoles Catholiques et l’Ambassade de France par le biais de votre personne, ceux qui relatent de votre charisme, de votre personnalité et de votre dynamisme.

Unis au Secrétariat Général des Écoles Catholiques, nous vous saluons ce soir, comme nous saluons l’effort de toute votre équipe ici présente (Jean-Noël BALÉO, Anne RICORDEL, Françoise WEISS, Christine MATIGNON), ainsi que toutes les personnes qui ont parachevé leur mission, en l’occurrence Michèle SAINT-FLOUR, Gérard MALBOSC et Joël LASCAUT qui ont porté très haut la bannière de la Langue Française. Ensemble, nous avons commencé le chemin et ensemble nous le continuerons.

Nous sommes certes heureux mais également tristes : Heureux de la joie de la rencontre, heureux de nous associer à cet hommage public qui vous est rendu et qui couronne l’effort de quatre années infatigables consacrées à propager toute une culture, tout un patrimoine, toute une civilisation.

Mais à cette joie se mêle hélas une tristesse, celle de votre départ prématuré, comme si le pays des Cèdres que vous avez tant chéri ne se sent pas encore prêt à vous dire au revoir.

C’est drôle, ce soir ma mémoire me ramène au 3 mars 2003, date de votre première visite à notre Université. À partir de ce jour, tout un itinéraire a été tracé. Vous nous avez demandé de préparer une liste de nos besoins.
Nous vous avons pris à la lettre et avons préparé, à votre surprise, une longue liste de ressources informatiques, livresques et autres. Choqué par notre demande que vous avez estimée colossale vous nous dites une semaine plus tard lors de la signature de la convention de coopération avec l’Ambassade de France : « mais Cynthia, ce n’est pas une liste ça c’est un livre de besoins » ; et vous avez surnommé dès lors Père Fady  « le redouté et le redoutable ».

Je puis vous témoigner que de longues heures se sont écoulées après cette fatidique date, à parler de vous, de nos projets avec Vous et de votre amour pour la Culture. Nous étions en admiration pour votre personne. En parlant de vous, L’Abbé Mgr. Simon ATALLAH ne cessait de mettre en exergue votre charisme oratoire, il arrivait même quelquefois au Père Fady FADEL de parler comme vous, le Recteur Honoraire Père Louis ROHBAN savourait vos paroles célébrant la douce France, le Père Recteur Antoine RAJEH était fasciné -et l’est d’ailleurs toujours- par votre rigueur professionnelle et votre don communicationnel, et en ce qui me concerne, j’ai vu croître en moi, et grâce à vous, l’amour que j’ai toujours porté pour la chère France.

Quant à nos étudiants, ils vous écoutaient, amusés, certifier face aux mauvaises langues qui prétendent que le Liban surnage dans un raz-de-marée anglophone que la Langue Française est incontestablement en très bonne santé.

Certes, elle l’est grâce aux écoles catholiques qui assurent un enseignement trilingue de qualité et qui, à côté de la France, veillent à maintenir la Langue Française comme 2ème langue après l’arabe, langue maternelle à consolider. Ainsi les Écoles Catholiques créent le lien avec les universités de qualité qui misent sur l’excellence de l’enseignement, garantes de la qualité de leur diplôme.

Eh oui, vous partez c’est vrai mais rassurez-vous cher Frédéric, vous avez gardé vos marques en nous, au sein de nos écoles et universités, de notre Institution que vous avez tant qualifiée de jeune et de fougueuse. Sans s’étaler sur votre don fédérateur, Écoles et Universités se rassemblent autour de vous pour témoigner, ce soir même, de leur fidélité à la Langue Française, à  sa propagation et à sa protection afin de la garder toujours en bonne santé. Avant de passer la parole au Père Fady FADEL, Secrétaire Général de l’Université Antonine, nous vous réitérons nos remerciements et vous disons du fond du cœur « ce n’est qu’un au revoir cher Frédéric, et nous vous promettons que nous vous reverrons bientôt, ce n’est donc qu’un au revoir ».

Merci de votre attention.

 

Allocution du P. Fady FADEL
Secrétaire Général de l’UPA

Victor Hugo écrit en 1850 : « Ce que Paris conseille, l’Europe le médite. Ce que Paris commence, l’Europe le continue ».

Monsieur le Conseiller, Cher Frédéric,

Durant votre mission de Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle de 2002 à 2006, nous avons à maintes reprises médité vos conseils et nous ne cessons de prolonger l’action que vous avez engagée avec votre équipe, à savoir consolider les rapports culturels et surtout amicaux entre les deux peuples, français et libanais.
Non seulement vous avez joué un rôle de fédérateur des efforts et des charismes des libanais, mais aussi vous étiez à l’origine d’une intégration solide des institutions francophones dans le projet culturel, scientifique et social de l’Ambassade de France.
La Francophonie, qui n’est point réduite à une façon d’expression de langue française, mais à un mode de vie ouvert aux cultures et aux civilisations, cette francophonie s’est beaucoup accrue au Liban grâce à votre action dynamique et surtout grâce à votre charisme. Elle vous doit, à l’aube du 3e millénaire, son développement au Liban.
Bien plus, qu’il me soit permis de souligner Cher Frédéric que grâce à vous la Francophonie au Liban est passée du côté de la culture d’expression française à la Francophilie, domaine de l’amour et donc de l’adhésion avec passion à cette culture.
Heureux mariage dont vous êtes l’officier, entre la raison (c’est-à-dire le cartésianisme français) et l’amour de la culture française.
Pour une fois, ou plutôt l’une des rares fois, j’ose contredire Blaise Pascal en affirmant que le cœur cette fois a ses raisons que la raison connaît absolument.
Cette francophilie dont vous et votre équipe étiez, êtes et espérons serez toujours les protagonistes culturels par excellence, a réussi à rapprocher les âmes des deux peuples français et libanais. N’est-ce pas Jacques Chirac qui a dit le jour de son anniversaire, un 29 novembre 1999 : « la culture n’est pas une marchandise. Les peuples veulent échanger leurs biens mais ils veulent garder leur âme ». Au-delà de l’échange, il s’agit d’une communion de valeurs, de modes de pensée et d’agir qui existe entre les libanais et les français. C’est ce qu’on appelle le rapprochement, voire l’union d’âme entre la France et le Liban.
La francophilie prêchée dans l’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Liban sous votre impulsion et sous l’égide des MM. les Ambassadeurs Le Courtier et Émié, cette francophilie a fait naître une génération de francophones convaincus de l’union d’âme entre la France et le Liban et persuadés que la culture française est beaucoup plus qu’un long et dense passé ; c’est une histoire toujours d’actualité et dont l’avenir se perpétue grâce à la conscience collective des francophiles qui guident désormais l’Action Culturelle francophone dans le monde.
Ce soir, au nom de la génération francophile du troisième millénaire au Liban, baptisée « Génération Clavier », il ne s’agit pas seulement d’une reconnaissance culturelle et d’une gratitude à l’action entreprise de votre part, cher Frédéric, au Liban durant les années 2002-2006. Il s’agit, pour cette génération, d’une profession de foi dans les mérites, l’actualité et la pérennité de la francophonie au Liban embrassant toutes les dimensions de l’homme, spirituelle, culturelle et sociale et intégrant toutes les composantes mosaïques de la Nation libanaise aux niveaux religieux, social, culturel, économique et politique.
Nous rendons hommage à l’approche intégrale de la culture dans laquelle vous avez inscrit votre action, vous et votre équipe, laquelle action a permis une expansion et un rayonnement sereins et efficaces de la francophonie au Liban.
Et dans le but de pérenniser votre action au Liban, et commençant par l’Université Antonine, on avait le choix entre vous offrir un ouvrage collectif dans lequel figureront vos allocutions et les extraits de presse, lors de vos passages chez nous, ou bien … vous dédier une page web intitulée www.frédéric-clavier.com
… Nous avons opté pour le second moyen contemporain et dynamique (à votre image) et nous vous invitons dès à présent à l’inaugurer et à découvrir ses divers liens.
Alors « Adieu » ou « au revoir » Monsieur le Conseiller ? Sacha Guitry disait : « J’ai observé que d’ordinaire, on se dit « au revoir » quand on espère bien qu’on ne se reverra jamais, tandis qu’en général on se revoit volontiers quand on se dit « adieu » ».
Adieu alors selon le sens donné par Sacha Guitry et au revoir à la libanaise, mais surtout merci.
Merci d’avoir été présent parmi nous durant ces années d’action et de bon conseil. Je termine avec ce proverbe libanais que je cite volontiers : « Les diamants ont leur prix, les bons conseils n’en ont pas ».
Merci M. le Conseiller,
et Merci à vous tous de votre attention.

 

Allocution du P. Antoine RAJEH
Recteur de l’Université Antonine

J’étais encore anxieux devant les tâches colossales qui m’incombaient en tant que recteur fraîchement nanti de missions à la fois prestigieuses et accablantes lorsque j’eus la chance de faire la connaissance de Monsieur Frédéric Clavier.
Venu me saluer et me présenter un programme de collaboration, il me fascina tant par la ténacité de sa volonté que par le raffinement de ses manières, et je découvris en lui, au rythme de nos projets communs, un passionné de la culture, un fanatique de la démocratie et un grand humaniste tel qu’on n’en trouve plus à l’ère des fractures et discriminations et des faux égalitarismes.
Cet homme particulièrement doué pour le silence quand il s’agit de se laisser bronzer sous le soleil de l’altérité et se transformer en récepteur sensible du dire et du taire de l’autre, est également particulièrement doué pour la parole, voire d’une parole qui se veut l’instrument d’un va-et-vient à la fois dialectique et sympathique (dans le sens que Max Scheler donne à la sympathie) d’idées et d’affects.
Maniant à merveille les armes de la persuasion et de la dynamique collective, il sut transformer toute stratégie de collaboration académique en un terroir d’amitié et de confiance.
Ceci dit, j’avoue mon incapacité à estomper le chagrin des adieux sous les jouissances puériles de la rhétorique.
  Nous, moines et moniales, sommes experts de ce genre de sevrages répétés, du départ qui advient dès qu’on se croit prêt à s’enraciner, et dès que les blessures de son précédent commencent à se cicatriser… Dans nos ordres et congrégations, ceci est la marque du détachement, de la déterritorialisation du consacré, mais qu’en est-il dans les instances publiques? Le nomadisme auquel sont acculés les fonctionnaires est-il toujours une garantie de  leur alerte professionnelle et une immunisation contre le laisser-aller tel que le veulent certains théoriciens du management ?
N’est-ce pas un gaspillage d’énergie et de temps que de condamner les « success stories » des esprits exceptionnels à un interminable: faire, puis voir se défaire sa relation avec son œuvre pour aller refaire et se faire ailleurs ?
Cher ami Frédéric, il n’est aucun doute que les relations que vous avez établies entre notre Université et le centre culturel français sont assez fortes pour survivre à votre présence et à la nôtre, notre défi d’hommes d’institutions étant celui d’asseoir, par les mains et les neurones du moi des structures qui peuvent vivre sans lui, des structures indifférentes à la présence matérielle de leurs auteurs.
Cependant je vous assure que par delà les déterminismes du fonctionnariat, par delà les distances et les déplacements, l’estime et l’admiration que votre professionnalisme, vos compétences et vos qualités humaines inspirent à tous ceux qui vous ont connu vous a promu au rang des héros inamovibles dans le monde de la coopération culturelle et de la lutte à la fois farouche et pacifique pour les Droits de l’Homme.
Ambassadeur du drapeau tricolore de la liberté, la fraternité et de l’égalité… s’il est temps d’aller témoigner et plaider ailleurs pour ces valeurs, n’oubliez pas de revenir de temps à autre célébrer les récoltes de ce dont vous avez promu les semailles, et vérifier la longévité des liens humains que vous avez tissés.

 

 

Mot du Père Marwan TABET, m.l.
Secrétaire Général des Ecoles Catholiques au Liban (SGEC-L)

 

Hommage à M. Frédéric CLAVIER

La culture comme patrimoine universel de l’humanité, dans toute sa diversité et son pluralisme, représente le foyer de la rencontre des hommes, œuvrant à l’édification d’une humanité toujours plus belle, plus noble et plus libre. C’est dans cette formulation culturelle que s’inscrit, M. Frédéric CLAVIER, votre amitié pour le Liban et pour toutes les personnes ici présentes ce soir, pour rendre hommage à votre digne personne et vous remercier pour la mission que vous avez accomplie avec compétence au service de la Culture, de la Francophonie et de l’amitié Franco-Libanaise.
M. CLAVIER, vous avez travaillé dans le pays des Cèdres durant les trois dernières années et vous avez joué un rôle de pionnier d’un mouvement culturel incessant, qui a couvert toutes les institutions éducatives libanaises sans discrimination aucune ni entre les régions ni entre les communautés religieuses.
Votre charisme, plein d’humanité et imbibé d’un esprit de clairvoyance et de transparence, a contribué au succès de votre tâche éducative. Nous saluons, ce soir, en vous, une générosité de cœur, une sagesse socratique, une noblesse d’esprit et des qualités indéniables que nous retrouvons dans les personnes dignes de mérite et de haute estime.
Si le Liban doit beaucoup à la France, mère de son indépendance, c’est grâce à des personnes comme vous qui ont joué un rôle inoubliable dans la consolidation des relations Libano-Françaises, aux nivaux culturel, pédagogique et social.
Cet hommage que nous avons le plaisir de vous rendre, ce soir, montre notre vive reconnaissance à votre personne. Vous avez au Liban, de nombreux amis et je dis bien des amis parce que votre rencontre avec eux ne s’est pas produite dans le superficiel cadre social, mais bien dans le foyer de l’esprit, dans l’intériorité la plus humaine, mais aussi dans le rapport d’une universalité culturelle et spirituelle.
Vos services rendus à la jeunesse libanaise ne peuvent que rendre le fruit au centuple. Vous aviez le cœur sur une jeunesse prometteuse, cette jeunesse que nous essayons d’édifier dans l’espérance de voir naître un nouveau Liban, un pays uni dans son pluralisme et malgré toute la diversité de ses communautés que fait sa richesse. Un pays d’une convivialité recherchée sans cesse, un pays privant les droits universels de l’homme, un pays de liberté, de justice et de charité. C’est ce que sa sainteté le Pape Jean Paul II le Grand, avait formulé si noblement dans se lettre aux Patriarches et Evêques du Liban, leur disant de sauvegarder le Liban comme étant « plus qu’un pays, un message pour l’Orient et pour l’Occident ».
C’est ce message que vous portez dans votre cœur, M. CLAVIER, et que vous garderez du Liban comme l’un de ses fidèles citoyens et soyez sûr, en partant, que vous trouverez toujours, dans chaque foyer et communauté libanaises, une famille d’accueil.

 

 

Discours d’adieu
de Monsieur Frédéric CLAVIER,
Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle

 

Révérend Père Recteur,
Monsieur le Secrétaire Général,
Messieurs les Doyens,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Je suis évidemment d’abord touché, profondément, par l’immense sollicitude que vous avez à mon endroit. Elle me touche fortement, elle témoigne de votre générosité et d’un amical aveuglement à mon endroit.

Quatre années auront passé sur cette terre du Liban que j’aurai fait mienne, comme l’on choisit un compagnon dont on partage, au fil des jours, les joies et les tristesses. J’emporte avec moi la beauté stupéfiante de paysages immémoriaux, des couleurs foudroyantes succédant à des pastels doux comme la soie, des odeurs sucrées et envoûtantes des arbres et des fleurs se mêlant à la légèreté de l’air. J’emporte aussi ce peuple d’hier et d’aujourd’hui, aux compositions multiples, aux arabesques compliquées enchevêtrant clans, familles et alliances centenaires, ce peuple joyeux et grave, éperdu d’action et profondément philosophe, où la sagesse se mêle à la démesure. J’emporte, enfin, de cette terre, la conviction de nos racines communes, cet espace béni où émergea l’écriture, naquirent les premières organisations politiques structurées, se lancèrent les premières écoles, s’édifièrent le goût du commerce et le défi de l’aventure. C’est d’abord un retour aux sources qu’il me fût donné de connaître, dont je n’ai eu de cesse de m’abreuvrer au fil des jours, sombres ou joyeux.

J’ai toujours aimé à rêver qu’il y avait en tout français, un être qui avait vécu ici, il y a bien longtemps, dans un passé mêlé de splendeurs à une Histoire en devenir, faisant ainsi mienne la métampsychose ou les rêveries des dialogues philosophiques de Saint-Augustin. Il y a du divin dans ce pays. Il y a un sacré qui se mêle à l’air des montagnes, aux pierres écrues des plaines, à la mer insondable et éternelle. Voilà pourquoi je vis ce départ comme un exil intérieur et vous reste fidèle.

A quelques encablures du départ, à l’heure des derniers préparatifs bruyants et désordonnés de l’embarquement d’un navire qui bientôt va quitter la terre ferme, c’est le moment où, le long des coursives, se font les confidences et les secrets. Ma confidence et mon secret sont simples : ayez confiance, en vous, en vos enfants, en votre avenir et votre destin. Continuez à tracer le sillon, chaque jour plus profond, que vous avez entrepris. Les semailles, le jour venu, seront belles et pleines. La France, aux goûts éternellement maternels, se tient auprès de vous, tout près, pour que jamais votre chemin ne s’écrive dans la solitude des jours.

La France fait de la qualité de sa coopération universitaire un axe central de sa présence au Liban. C’est un choix politique fort, mais aussi un choix académique, qui doit permettre avec le temps de créer des partenariats d’envergure entre les grandes universités françaises et une grande université comme la vôtre. C’est aussi la traduction du Sommet de la Francophonie de Beyrouth, qui fait de la francophonie une communauté de valeurs que nous partageons tous. C’est enfin le souci du dialogue et de la qualité du partenariat qui fait de nos universités et de leur coopération une exemplarité pour la région du Proche-Orient et de l’Europe.

En ce sens, la langue française doit se concevoir comme une langue d’éducation et de communication, pour non seulement accéder aux différents savoirs que dispense l’université, mais aussi de créer une communauté de valeurs et de destins entre nos deux pays. C’est au Liban que, par comparaison avec les systèmes éducatifs arabes, se situe la qualité la plus éminente de votre enseignement, qui fait de votre pays un pôle régional incontestable. C’est aussi la raison pour laquelle la France développe un partenariat de haut niveau dans toutes les filières d’excellence des universités libanaises, et de l’Université Antonine en particulier. Dans le monde demain tel qu’il se dessine maintenant sous nos yeux, c’est d’abord la qualité de l’enseignement qui prévaudra pour faire émerger les grands systèmes universitaires mais aussi la mobilité des étudiants et, un jour, des enseignants, mûs par la seule qualité des diplômes et des enseignements proposés. Les 3èmes Rencontres « La France et le Liban dans l’Espace Européen Universitaire», qui se sont tenues à Beyrouth au mois de mars dernier, ont plus que jamais montré que le système universitaire français, emmené par un consortium des plus grands établissements français, constitue le partenaire naturel du système d’enseignement supérieur libanais. Il faut que vous en saisissiez, avec notre aide, la remarquable occasion.

J'aurai eu l’immense plaisir, avec mon équipe, de voir naître, en 2002, cette coopération avec votre belle et grande Université. Ce fut d’abord à travers la langue française et le Centre d’auto-apprentissage, puis ce fut, avec le temps, avec les facultés d’ingénieur en informatique, multimédia et télécommunications et, enfin, les sciences et techniques, physiques et sportives.

Vous êtes un grand Ordre, celui des Antonins. Votre Université est certes encore jeune, mais elle est pleinement impliquée dans le paysage universitaire du Liban et développe des filières d’excellence pour lesquelles la coopération française maintiendra ses efforts et sa vigilance. Vous pouvez être assurés du soutien de cette Ambassade, soucieuse de faire évoluer sans cesse son dispositif, pour l’accorder au mieux à la demande de formations émanant de ses partenaires.

Je conserverai donc, à titre professionnel comme à titre personnel, un merveilleux souvenir de cette collaboration, et une fidélité à des visages et à des personnalités de votre Université pour lesquels j’entretiens la plus haute estime.

Je vous remercie de votre bienveillante attention.

 

Communiqué de Presse
À l’occasion de la fin de son Mandat à Beyrouth
Hommage dédié à M. Frédéric Clavier à l’Université Antonine

L’Université Antonine et le Secrétariat Général des Écoles Catholiques au Liban ont organisé une cérémonie d’hommage dédiée au Conseiller de Coopération et d’Action Culturelle à l’Ambassade de France M. Frédéric CLAVIER le 26 juin à Baabda - Hadath.

Étaient présents Madame La  Député Solange Gemayel, l’Archevêque Maronite de Baalbeck et de Der el Ahmar Mgr Simon Atallah, Mr. Nagy Khoury représentant le Député  le Général Michel Aoun, Mr. Wahib El Tatar représentant le Ministre Ahmad Fatfat, Mr. Joseph Haymareh représentant le Ministre Joe Sarkis, le Directeur de l’Agence Universitaire Francophone Michel Bennassar, l’Attaché Culturel auprès de l’Ambassade des Etats-Unis Mr. Rayan Glayha, l’Attaché de coopération auprès de l’Ambassade de France Mr. Jean-Noël BalÉo et les  responsables des Écoles Catholiques et les membres du bureau exécutif du Secrétariat Général des Écoles Catholiques.

Présentant cette cérémonie, Mlle Cynthia EID, Responsable-Pôle du centre de langues et de Ressources de l’Université, a souligné que : « Nous sommes certes heureux mais également tristes : Heureux de la joie de la rencontre, heureux de nous associer à cet hommage public qui vous est rendu et qui couronne l’effort de quatre années infatigables consacrées à propager toute une culture, tout un patrimoine, toute une civilisation.

             En effet a-t-elle dit : «Mais à cette joie se mêle hélas une tristesse, celle de votre départ prématuré, comme si le pays des cèdres que vous avez tant chéri ne se sent pas encore prêt à vous dire au revoir».

De son côté, le P. Fady FADEL, Secrétaire Général de l’Université, a signalé que : «Non seulement vous avez joué un rôle de fédérateur des efforts et des charismes des libanais, mais aussi vous étiez à l’origine d’une intégration solide des institutions francophones dans le projet culturel, scientifique et social de l’Ambassade de France».

En effet a-t-il dit : «La Francophonie, qui n’est point réduite à une façon d’expression de langue française, mais à un mode de vie ouvert aux cultures et aux civilisations, cette francophonie s’est beaucoup accrue au Liban grâce à votre action dynamique et surtout grâce à votre charisme. Elle vous doit, à l’aube du 3ème millénaire, son développement au Liban».

Il a aussi souligné que : «Dans le but de pérenniser votre action au Liban, et commençant par l’Université Antonine, on avait le choix entre vous offrir un ouvrage collectif dans lequel figureront vos allocutions et les extraits de presse, lors de vos passages chez nous, ou bien…vous dédier une page Web intitulée www.frédéric-clavier.com».

Le P. Antoine RAJEH, Recteur de l’Université Antonine, pour sa part, souligne que : «Venu me saluer et me présenter un programme de collaboration, il me fascina tant par la ténacité de sa volonté que par le raffinement de ses manières, et je découvris en lui, au rythme de nos projets communs, un passionné de la culture, un fanatique de la démocratie et un grand humaniste et tel qu’on en trouve plus à l’ère des fractures et discriminations et des faux égalitarismes».

En effet a-t-il dit : «Cet homme particulièrement doué pour le silence quand il s’agit de se laisser bronzer sous le soleil de l’altérité et se transformer en récepteur sensible du dire et du taire de l’autre, est également particulièrement doué pour la parole, voire d’une parole qui se veut l’instrument d’un va-et-vient à la fois dialectique et sympathique (dans le sens que Max Scheler donne à la sympathie) d’idées et d’affects».

Le P. Marwan TABET, Secrétaire Général des Écoles Catholiques au Liban, a, quant à lui, souligné que : « Si le Liban doit beaucoup à la France, mère de son indépendance, c’est grâce à des personnes comme vous qui ont joué un rôle inoubliable dans la consolidation des relations Libano-Françaises, aux niveaux culturel, pédagogique et social».

En effet a-t-il dit : « M. CLAVIER, vous avez travaillé dans le pays des Cèdres durant les trois dernières années et vous avez joué un rôle de pionnier d’un mouvement culturel incessant, qui a couvert toutes les institutions éducatives libanaises sans discrimination aucune ni entre les régions ni entre les communautés religieuses».

Prenant à son tour la parole, Mr. Frédéric Clavier a signalé que : «La France fait de la qualité de sa coopération universitaire un axe central de sa présence au Liban. C’est un choix politique fort, mais aussi un choix académique, qui doit permettre avec le temps de créer des partenariats d’envergure entre les grandes universités françaises et une grande université comme la vôtre. C’est aussi la traduction du Sommet de la Francophonie de Beyrouth, qui fait de la francophonie une communauté de valeurs que nous partageons tous. C’est enfin le souci du dialogue et de la qualité du partenariat qui fait de nos universités et de leur coopération une exemplarité pour la région du Proche-Orient et de l’Europe».

En effet a-t-il dit : « J’aurai eu l’immense plaisir, avec mon équipe, de voir naître, en 2002, cette coopération avec votre belle et grande Université. Ce fut d’abord à travers la langue français et le centre d’auto-apprentissage, puis ce fut, avec le temps, avec les facultés d’ingénieur en informatique, multimédia et télécommunications et, enfin, les sciences et techniques, physiques et sportives».

            À la fin de la cérémonie, R. P. P RAJEH et TABET ont offert à M. CLAVIER des médaillons de leurs institutions.